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Spider-man 2

Sam RAIMI
(17-18)

Un film situé juste entre Hollywood et le cinéma indépendant américain. Tout commence par un résumé imagé de l'épisode précédent et ça embraie sur une véritable suite qui tient plus du serial que de la séquelle. Et Sam Raimi a bien fait de rester : Spider-man 2 est une pure merveille pour ce qui est de la réalisation, bien supérieure à l'original et encore plus digne de son auteur : il filme New-York sans le laisser paraitre mais nous transporte complètement, puis alterne avec un travail plus intimiste mais garde l'idée que chaque plan mérite une véritable réflexion ; chaque plan, chaque mouvement, chaque effet de caméra ou de montage apporte son lot d'informations aux spectateurs (2 exemples : le plan fixe de l'ascenseur et le travelling avant du mariage avec un Jameson mis en avant... mais il en a tant d'autres !). Et Raimi de recréer de vivantes planches qui nous (m') entrainent dans la douceur de notre enfance (Ah ! les jambes de Mary-Jane !!!).
Mais le scénario n'est pas en retrait ; au contraire. On revient à ce judicieux entre-croisement de personnages et de destins (le fiancée de Mary Jane est le fils de Jameson, Oktopus est présenté à Parker) ; on décortique ces mêmes personnages, nous présentant le "méchant" en tant qu'homme, avec une histoire bien à lui et pas seulement un troma un peu flou. Octopus tient beaucoup de Jekyll et Hyde. On brode autour de nouveaux et très ambitieux thèmes : qu'ils soient "légers", comme celui de la gestion difficile de la vie privée des super-héros (mais qui aboutit au thème de la confrontation entre vie public et vie privée, où lorsque l'une prend le pas sur l'autre...), où plus forts comme les choix que l'on doit faire dans la vie, les sacrifices et les responsabilités qu'ils nous faut de toutes façons assumer. Sans oublier les sous-thèmes et toute une pallette d'émotion : la vengeance (apanage des "méchants"), les aveux, la ré-abilitation, les révélations ainsi que la suite (et fin?) d'une love story torturée (mais que reste-t-il au 3 !!!) et un humour beaucoup plus présent, plus fin (la scène de l'ascenseur, le "Doc Marvel")... comme dans la BD. Entre action ébourriffante et intimisme, il n'y a ici, une fois de plus, rien à jeter, même si leur développement ne touchera pas tous le monde.
Parlons de l'action : les FX sont vraiment somptueux, quasiment parfaits et invisibles car concoctés sur les plans éloignés, lors des scènes d'action où notre esprit est tout ailleurs, et, qui plus est, ils sont très savamment dosés ; la bataille sur la façade d'un building est une prouesse inoubliable... et de toutes façons, rien que de voir Spidey s'envolé, mon coeur fait la hola !
Quant au personnage de Parker / Spider-man, l'évolution est notoire : Parker est toujours dans son ombre (l'éternel retardataire Vs le super-héros qui arrive toujours à temps ; vous aviez noté ?), une ombre pesante, étouffante, dont les sacrifices occasionnés dépasseront la volonté du jeune adulte. D'ailleurs on apprend une chose importante : ses pouvoirs ne sont pas immuables, ils ne sont affaire que de volonté, d'abnégation, de choix posés et fermes ; Spidey n'est pas immortel, le super-héros est fragile, il se démasque aisément (et là on joue sur notre excitation...) et est indissociable de Parker.
Dernière mention pour la musique du fabuleux Danny Elfman, au sommet de sa forme pour une partition encore plus enchanteresse et fine que la précédente. Non, il n'y a vraiment rien à jeter dans ce film.