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Doctor Strange
Budget = 165 M$
BOX OFFICE France = 3 662 / 197 428 / 1 002 000 / 1 974 000 entrées
BOX OFFICE USA = 85,1 / (232,6) M$
BOX OFFICE Monde = (677,6) M$
 

"Ouvrir les portes de la perception" (A. Huxley) : tel aurait pu être le fabuleux slogan du nouveau film Marvel si... si la firme indépendante ne cherchait pas de plus en plus à répondre à un véritable cahier des charges (on va en reparler), où, dans le cas présent, à ne pas faire ouvertement un "origin movie" casse-gueule et plutôt se lancer à corps perdu dans l'action, en faisant sans doute trop, trop vite. Car le thème qui traverse le film est pour le moins brillant : voir au-delà des apparences, creuser par-delà nos sens et, puisque l'on peut pousser ici le bouchon plus loin, il met en parallèle la science, le concret (le docteur égocentrique, riche et pure produit d'une société qui ne croit plus qu'en ce qu'elle voit) et la "religion", l'abstrait, cette croyance en quelque chose que l'on ne voit pas au premier regard mais seulement après des efforts et une certaine ouverture d'esprit. Mais aussi abandonner les choses superflus et se recentrer sur l'essentiel : l'altruisme, la spiritualité... Voilà peut-être le film que j'espérais : la remise en question du héros est ici prompt et assez survolée. Et de cet état de fait on dénombre de trop nombreuses -mais petites- scories scénaristiques : des effets trop appuyés, des raccourcis pratiques, des imprécisions, quelques flous. Un scénario un peu léger où le méchant veut dominer la Terre comme des milliers de méchants avant lui (le thème de l'éternité n'est pas assez central alors qu'il répondait parfaitement au sujet du film : croire en ce qui ne peut nous être enlevé). Peut-être que le bad guy introduit à la toute fin aurait suffit à lui-même, laissant le film reposer sur tout autre chose ? Marvel a également tendance à transformer son Stephen en Tony, alors qu'il n'a rien de très drôle dans le comics, lui non plus, et c'est d'autant plus dommage que l'humour du film est tout à fait réussi (le code Wifi ou le gimmick autour des cris de surprises de la petite amie du héros). Les acteurs tiennent parfaitement la barre et il est fort à parier que, tout comme R. Downey Jr, B. Cumberbatch aura du mal à se défaire de ce personnage car il excelle ; mais Benedict n'est pas Robert... L'hommage visuel à la BD est particulièrement bien équilibré : flashy mais édulcoré, les effets spéciaux sont étonnants et il est difficile de ne pas prendre un énorme plaisir lors de l'exceptionnelle dernière bataille tant elle est originale. La photographie du film est par ailleurs un poids de marque, de même que l'ambiance générale qui s'en dégage. Marvel a toutefois cédé pas mal de terrain sur ce personnage peu connu, à trop vouloir mesurer l'énorme prise de risque du film, la société caresse dans le sens du poil et de façon trop flagrante le grand public ; j'attendais une oeuvre plus aboutie et beaucoup plus fine.

NOTE : 12 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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