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Spider-man

Sam RAIMI
(15-16)

La double histoire de Spiderman et du Green Goblin... dans un film vraiment touchant pour qui n’a pas oublié avoir été un ado. Saluons tout d’abord l’extraordianire technicien qu’est Raimi (le retour du prodige qui avait changé le visage du ciné dans les 80’s...) et ses plans (planches ?) qui nous replongent, comme personne ne l’avait fait auparavent, dans un comics (une BD animée et tourbillonnante) : le plan avec les sirènes en premier plan, on en avait révé et celui-ci m’a foutu la larme à l’oeil. Saluons le talent de Dykstra (Mr Star Wars) pour les plans ébouriffants de Spiderman « volant » dans New York. et les effets invisibles. Saluons l’adaptation de Koepp (trop proche ? Certain seront génés par les « simplicités »), sur mesure, de la BD : origines, problèmes perso, morts, super-méchant, héros (l’explication discrète des pouvoirs lors de la visite est un modèle), final ouvert et pessimiste, un peu de naïveté et tout les tiques des personnages (JJJ.... Ouahhh !). Mais c’est surtout le ciment entre toutes ses qualités qui unit le film ; ce ciment c’est les liens d’attirance / répulsion qui scelle le destin de tous les personnages :
- La love-story triangulaire (voir à 4...)
- L’amour que cherche Pete et qu’il va devoir refuser lorsqu’il l’obtient.
- Les liens entre le Green Goblin et son fils.
- Ceux entre Pete et son meileur ami (il aime la même fille, son père est son pire ennemi, il est est son seul ami, il va jurer de tuer Spidey)
- Entre Pete et Spidey (Spidey fait de l’ombre à son homonyme)
- Entre la vie de pete (mal-aimé) et celle de Spidey (un héros).
Ce film est bien évidemment une parabole sur le passage à l’âge adulte, l’ado se révélant, relevant la tête pour affronter ses faiblesses et le monde extérieur, pour devenir un autre, laissant son apparence d’enfant derrière lui, prenant le masque d’un adulte. Qui se souvient de son adolescence se rappelle avoir voulu un jour se dépasser face à l’adversité (personnage ou évènement), ce que, fantasmatiquement, Peter fait à l’écran. Liberatoire. C’est aussi un film sur les choix que la vie nous oblige à faire et sur le remord (le choix face au truand, face à son ami, à sa copine, au Green Goblin –le Bien/le Mal- la vie de celle qu’il aime/celle d’un groupe d’innocents).
C’est également un film qui parle de schyzophrénie (l’origine des super-héros masqués ne viendrait-elle pas de Jekyll et Hyde ?), de double personnalité : Peter Parker l’introverti Vs Spiderman le héros extraverti – Jack et son double psychologique, puis son double physique, le Green Goblin.
Enfin Spidey n’est pas un héros comme les autres : il est issu des milieux populaires (orphelin, tante pauvre, petites banlieues, violence alentours...), il devient un héros suite au hasard et surtout à un sombre engrenage dû à des choix peu judicieux d’adolescent, un fait entrainant l’autre (il n’arrète pas le voleur qui a l’argent qu’on lui a refusé ; celui-ci tuera son oncle et il le tuera à son tour par vengeance). Un double drame fascinant entre le remord et la vengeance odieuse. Un excellent équilibre entre les FX et la psychologie. Merci à la griffe batmanienne de Elfman.