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Black panther
Budget = 200 M$
BOX OFFICE France = 3 236 / 178 202 - 1 059 000 - (3 616 000) entrées
BOX OFFICE USA = 202,0 / (697,8) M$
BOX OFFICE Monde = (1 343,6) M$
 

A la vue première des divers trailers, des images de ce héros de l'univers Marvel, souvent secondaire mais néanmoins apprécié puisque l'un des plus intéressants, j'avoue avoir été particulièrement sceptique... Je ne m'attendais pas, alors, à l'angle d'approche utilisé avec intelligence par le scénario : ou comment faire un film de blaxploitation made in Hollywood. Reprenons au début. C'est souvent la différence -qui n'est parfois pas déférence- entre les comics de mon enfance et le MCU qui me frise le poil ; dans ce cas précis le lifting complet du Wakanda semblait devoir être une espèce d'hérésie. Et en fait elle s'avère non seulement salutaire mais qui plus est perspicace et lucide, posé en symbole de l'Afrique moderne dans un film étonnamment engagé et tout aussi original. L'histoire, à travers ses personnages, ses situations géo-politiques -même imaginaires- et même ses petites phrases, jouera constamment sur la vision arriérée de ce continent et de son peuple que peuvent encore avoir les americano-européens, ex-colonisateurs, présentement exploiteurs économiques. Dans Black panther on nous présente une Afrique entre tradition et modernité, confrontée aux enjeux de son ouverture sur le monde, face à l'exploitation de ses richesses par des étrangers, consciente de son triste passé, de la situation souvent peu enviable de son peuple à travers le monde, bien décidée à redorer son blason et son statut de berceau de l'humanité.
Et à tous ces titres ce film de super-héros n'est pas comme les autres : son rythme est différent, même dans une certaine forme de classicisme, les scènes d'action jamais envahissantes, le propos solide et à double lecture. Il suffit également d'observer comment sont traités les bad guys, grande réussite du film à mon sens, pour s'en convaincre. Le "blanc" n'est pas qu'un voleur, il est le symbole de son peuple vis à vis de l'Afrique. Le wakandais n'est pas seulement en lutte pour renverser le pouvoir, comme souvent on se représente la politique ce continent, où les gouvernements se déstabilisent fréquemment : c'est un "méchant" vengeur aux intentions idéologiques prononcées et claires, quelque part compréhensibles plus que louables. A ce titre il représente une espèce de Black Power de l'ordre mondial ironiquement en lutte contre le... Black panther. Une vision élargit d'une certaine lutte historique qui opposa jadis Malcolm X et Martin Luther King. Un symbole fort pour des personnages forts, traités avec profondeur (et une part juste pour les héroïnes féminines) et où d'autres thématiques font surface : les erreurs passées qui pèsent lourdement et que l'on fait payer à nos propres enfants.
Et toutes ces belles idées sont idéalement portées par une oeuvre techniquement irréprochable : les designs sont très recherchés et d'une grande beauté (les décors somptueux -la ville notamment, dans ces différentes strates-, les costumes magnifiques, le travail formidable apporté aux objets technilogiques) ; le film possède également plein d'idées à revendre, jonglant une fois de plus entre une certaine tradition africaine et une véritable modernité (une fois de plus les costumes, l'armement et les divers technologies). Toute la musique est d'ailleurs empreinte de ce même respect. La réalisation ne dénote jamais et se montre comme un vrai point fort : maîtrisée sur toute la ligne, tant dans les scènes dialoguées que dans la structure des scènes d'action, l'alternance subtile de plans cut avec d'autres beaucoup plus étendus. Il y a enfin des dialogues qui possèdent ce petit quelque chose de plus recherché qu'usuellement : ils sont globalement bien sentis (le message final est clairement adressé au gouvernement US !) et l'utilisation assez massive et respectueuse de la V.O. montre que le film sait prendre quelques risques. De plus l'humour en général, très légèrement présent puisque le film n'est en rien une bouffonnerie, et tout particulièrement celui d'un certain roi me rassure quand à la philosophie de Marvel : pas de gags infantiles façon Thor (dernier du nom) mais un humour sensé, et parfois un double sens ("Je vais manger tes enfants" est un clin d'oeil très black power !!).
Black panther s'avère donc être un film parfaitement équilibré, particulièrement dépaysant, jamais ennuyeux, fin et d'une grande richesse thématique et visuel. Que demande le peuple ??

NOTE : 17-18 / 20

La critique des internautes
 

 

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