Captain
America : First avenger |
(15-16) |
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Et bien voilà : 28 ans que j'attends que Marvel
ose enfin un film sur mon super-héros favori, fétiche, celui
dont j'endossais le costume étant petit, celui qui accompagnait
tous mes rêves de jeune garçon avant de plonger dans le sommeil,
celui qui retapissait chaque pan de mur et de meuble de ma chambre d'enfant,
celui qui m'a finalement aidé à grandir... celui qui enterre
définitivement le navet intergalactique de Pyun
(qui a dit "Autodafé" ?). Pourquoi ce film est-il tellement
réussi ? Parce que ce n'est pas un film comme les autres, un peu
différent dans son approche, comme le fut récemment Thor,
parce que ce n'est pas un film "pour tout le monde" ; un film
de super-héros qui ose aborder l'époque de la grande guerre
(sans dissertation historique non plus si ce n'est une vision très
juste de la propagande), avec un héros malmené et un rien
ringard (le premier costume de Cap tranche vraiment avec les plus récents,
les plus connus des jeunes spectateurs) dans un film qui tire son essence
des serials des années 40 et le revendique clairement (Cf. le comics
au main d'enfants que l'on aperçoit dans le film) et un scénario
qui ne laisse aucun doute sur ses influences. Car dans ce film j'y ai
retrouvé toute la saveur des Indiana Jones alors que je me demandais
bien à quelle sauce allait être cuisiné mon héros
préféré, un peu has-been, à la morale indestructible,
oubliant les effets spéciaux envahissants et se recentrant sur
les personnages, les cascades et les décors (magnifiques et sublimés
par tout un attirail d'armes, de véhicules et d'objets divers)
; un film d'aventure à l'ancienne avec flingues, bastons façon
boxe anglaise et visuel épuré. Captain America est un héros
particulier auquel ce film rend vraiment hommage : sa transformation est
plus physique que morale (du gringalet au héros national en passant
par le phénomène de foire), il est le rêve presque
accessible de tout enfant, le super-héros qui est plus "héros"
que "super", celui qui ne se bat pas avec des armes mais avec
un bouclier (il se défend, donc), le héros noble et simple,
anti-thèse d'un Superman trop puissant et indestructible, un super-héros
qui n'a finalement que très peu de super pouvoirs. On y découvre
peu à peu tous les personnages qui ont émerveillé
notre enfance, avec les libertés d'usage nécessaires à
la reconstruction d'un mythe cinématographique, mais ils sont tous
là, les Bucky (qui ne connait Steve qu'après l'expérience...),
les Peggy, les Dum Dum, les Arnim Zola (le parfait Toby Jones), le superbe
Crâne Rouge (ai-je besoin de louer les talents de H. Weaving ?),
le docteur Erskine, Howard Stark (dont le rôle est un peu inversé
dans le film...), le futur Union Jack, ces membres de l'Hydra qui se font
dézinguer facilement ainsi que de fameuses séquences (l'injection
du sérum, évidemment, le cube cosmique, mais également
le baiser d'une femme qui faillit rompre le lien amoureux entre Steve
et Peggy comme il le fit entre lui et Sharon plusieurs décennies
plus tard dans un épisode légendaire... mais ceci est une
tout autre histoire !) ; un bonheur de fan absolu !!! Et le respect du
matériau original est là, au gré d'un scénario
sans doute un peu trop rapide (la mise en place des scènes trop
abrupte), assez classique par rapport au genre qu'il défini (le
montage alterné y contribue assez largement ; un nouvel hommage
aux serials ?) mais dont les personnages sont véritablement réussis
(Chris Evans efface tous mes doutes à son propos) et l'histoire
d'amour sort complètement des sentiers battus (inachevée
et d'autant plus pertinente). Johnston n'est pas un génie, vous
ne me ferez pas dire le contraire mais son travail est difficilement criticable
en terme d'efficacité. Captain America est une série B de
luxe, osé dans l'univers Marvel, qui ne manquera pas sa cible :
les véritables fans... |