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Avengers : Endgame
Budget = 356 M$
BOX OFFICE France = 18 021 / 692 142 - 3 348 000 - (6 942 000) entrées
BOX OFFICE USA = 357,1 / (858,4) M$
BOX OFFICE Monde = (2 797,8) M$
 

Ce film part avec un avantage unique, avantage qu'aucun autre film de super-héros ne possèdait jusqu'à présent : ouvrir totalement le champ des possibilités, se libérer d'un véritable carcan scénaristique, de trames sclérosées par des happy ends évidentes et, pour une fois, une seule peut-être, ne laisser aucune chance à ces indestructibles héros. Sur le papier en tous les cas : mais on s'apercevra au bout de 30 minutes que venir après Infinity wars n'était pas chose facile. Car Endgame n'osera jamais faire exploser les verrous de son histoire, n'osera jamais franchir les limites d'une production hollywoodienne, n'osera jamais caresser le public à rebrousse-poil (alors qu'il n'est là que pour cela !!!) ; le film n'osera presque jamais aller au bout de cette succulente idée qui m'a tant fait saliver...
Pourtant nous partions conquis : Endgame se permet de plier le film auquel on s'attendait en un petit quart d'heure, puis de recoller agréablement les morceaux de ce futur recomposé, de renouer agréablement avec chacun des personnages. Avant de plonger dans le grand bain.
Car voilà que, derrière un tout nouveau pitch destiné à remettre nos héros sur de bonnes rails, le scénario se surprend à s'excuser (c'est pas moi qui le dit, c'est Tony), à se confondre en facilités indignes (la scène où Banner convainc "The ancient one" ne tient pas debout), à jouer les magiciens (les apparitions à bon escient de Captain Marvel sont délirantes) et, enfin, à se transformer en une bouffonnerie de très bas étage, qui plus est totalement incohérente (par rapport aux films précédents). J'en veux pour preuve, au sujet de cette dernière, l'immonde personnage qu'est devenu le pourtant fascinant Hulk (la faute à des films antérieurs qui n'ont jamais su décoller au box office ; et histoire de lui préparer un futur au cinéma ?) et la métamorphose du soudainement pitoyable Thor (raccord avec son 3ème opus...) en un vulgaire humain insupportable ; d'autant plus que les défauts qui lui sont prêtés sont ceux qu'aucun scénariste n'a voulu coller à T. Stark, alors que ceux-ci faisaient partie intégrante de son personnage. Mais je m'égare.
Heureusement l'idée fait son chemin petit à petit, tisse une toile scénaristique, bien qu'un peu diaphane et surtout très limpide, puisqu'aucun enjeu lourdement dramatique ne viendra l'étayer. La thématique utilisée aurait très bien pu être travaillée, tordue et déboucher ainsi sur quelque chose de plus aboutie ; donner un autre regard sur les scènes précédentes, un point de vue différent, bien mieux qu'un simple clin d'oeil. Mais, justement, cela n'aboutit jamais à la pirouette scénaristique attendue, sur le rôle central de Thanos par exemple, voir les raisons cachées de sa folie vis à vis, notamment, de la Terre. Ca reste un plaisir gratuit, une mine d'or laissée à l'abandon. Sans un tissus scénaristique plus ténu, le plus cruel défaut de ce Endgame réside assurément dans l'absence d'émotions, devenant un louable -très louable et émouvant sur la fin- hommage appuyé mais quelque peu raté au MCU et aux comics en général. Un listing un rien hasardeux qui n'implique que la récente nostalgie du fan de base, l'égo d'un spectateur qui de toutes façons attendait ce feu d'artifice final. En tout état de cause ce dernier opus ne sera qu'un replay de 3 heures au scénario lourdement asséné et à la majorité des dialogues assez pisseux. Restera un personnage qui submerge, fidèle à lui-même et toujours aussi prestigieusement interprété : Thanos.
Pour couronner le tout, les deux frangins nous apportent sur un plateau une réalisation qui manque d'ambition, voir d'imagination : le plan séquence utilisé lors de la ré-apparition de Hawkeye aurait tellement mieux servi le combat final. Un peu fade.
C'est clairement un film au trop plein d'imperfections, un trop gigantesque cadeau fait aux fidèles d'entre les fidèles, ceux qui ont suivi assidument TOUT le MCU -merci aux personnes qui ont raté la moitié des métrages de rester chez elles-. Jusqu'à l'apparition inattendue de Jarvis (enfin !) : petite distraction personnelle... Heureusement que la dernière heure -et tout particulièrement la dernière demi-heure-, est tellement époustouflante qu'il en devient impossible de bouder son plaisir. De combats titanesques en une conclusion ébouriffante, d'images qui en mettent plein la vue en d'autres à l'intimité flagrante, le film repousse le spectateur et le fan dans ses derniers retranchements. Comme pour nous inviter, tous, à ce deuil des Avengers dont ce Endgame est le dernier tome... Petite larme oblige.
Un adieu trop tardivement réussi... mais bon sang que ce final est beau, riche d'émotions pures et d'un clin d'oeil absolument bien digéré qui pointe du doigt les fans purs et durs de Captain America. Moi...

Seconde séance : Pas la même attente, plus de (mauvaises) surprises, donc la seconde vision est un poil supérieure... Mais mieux vaut ne regarder ce film -historique à bien des niveaux, et que j'aurai tellement adoré aimer- seulement au premier degré !
Un deuxième regard prouve combien celui-ci est linéaire et plein d'incohérences inhérentes aux retours dans le passé, aux différences de temps dans le domaine quantique...etc. Ca reste un hommage monumental qui préfère la facilité ; comme un claquement de doigts. Le film manque de densité et d'enjeu, les scènes dans New York et Asgard sont clairement et complètement foireuses. Par contre j'ai été surpris de voir, même après deux jours, combien les gags et l'émotion passent toujours aussi bien la barrière de l'écran.
Sincèrement, mis à part quelques piques géniales, les deux réalisateurs sont plus proches de M. Bay que de C. Nolan (jusqu'à lui piquer un "lance flare" sur fond de soleil couchant, appuyé par un ralenti) ; l'hommage au travail de Whedon est quasi inexistant.
Il suffit pas de nous laisser sur les plus belles scènes du MCU pour gagner (tout) notre cœur.
N.B. : Je suis triste, en tant que cinéphile, de voir que le gag de Big Lebowski tombeà l'eau et alors que 2 secondes plus tard le public rit grassement lorsque Thor rote sonorement...

NOTE : 13-14 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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