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The dark knight rises
Budget = 250 M$
BOX OFFICE France = 7 771 / 423 970 / 1 836 000 / 4 414 000 entrées
BOX OFFICE USA = 160,9 / 534,9 M$
BOX OFFICE Monde = 1 084,9 M$
 

Batman ends... Une oeuvre avec un ou plusieurs twists ne doit pas manquer de capter l'attention et l'intelligence des spectateurs tout au long du métrage afin de ne pas faire reposer tout le film sur les frêles épaules d'un final flamboyant... voici le gros défaut de ce Dark knight rises. C'est sans doute parce qu'il n'est pas aussi réussi que son prédécesseur, qui avait placé la barre très haute il faut bien le dire, que je n'ai pu retrouver dans ce dernier tome tout ce que j'étais venu y chercher. Car ce film est un peu trop tiède à mon goût, sur tous les plans : si le scénario est brillamment destructuré pour faire avancer de front 3 histoires qui se croiseront avec autant de force, on est loin de la profondeur et de la complexité de celui de Dark knight, ni de son homogénéité et de son équilibre proche de la perfection. Comme si le scénario servait à noyer le flux de dialogues, comme si l'on sentait la pression sur les épaules de frères Nolan, cherchant à éviter impérativement de faire un B-movie mais s'y prenant un peu maladroitement, ne poussant pas toutes leurs idées dans leurs derniers retranchements, ne les explorant pas assez en profondeur. Les motivations profondes de Bane resteront flous avant leur mise en lumière sous un angle différent vers la fin du film ; on aurait dû nous mettre sur une fausse piste plus sérieuse que celle d'un simple terroriste à la violence gratuite qui, par ailleurs, se casserait alors les méninges pour pas grand chose s'il ne souhait que faire un maximum de cadavres. Ce bad guy manque sérieusement de charisme et la mise en parallèle avec le Joker est aussi inévitable que dommageable, ses dialogues ne sont jamais assez marquants et il ne deviendra fascinant que bien trop tard, lorsqu'on connaîtra tout de lui... Disons que ce n'est pas le méchant ultime que j'étais en droit d'attendre. Bien sûr que l'on ne passera pas à côté de cet esthétisme aussi sombre que soigné qui contribue au traitement de thèmes aussi fort que la rédemption ou le terrorisme, mais ne fait qu'effleurer des thématiques plus profondes, plus socio-politico-économiques : la libération d'un peuple d'opprimés -par la finance- par un gropuscule extrêmiste, sa violence, sa fausse liberté, sa justice expéditive, ses milices... Même les combats, pour beaucoup au corps à corps, sont assez fades, en tous les cas plus fades qu'ils ne sont vraiment réalistes. Alors bien sûr que non, The dark knight rises n'est en rien un mauvais film, mais plutôt un film plein de retenu que rien dans l'introduction ne laissait envisager comme tel ; et même si Nolan reste appliqué dans sa réalisation, maniant à la perfection l'art de l'ellipse, même si le final est effectivement flamboyant, plus émotionnel que tous le reste du film (pour un film qui traite de "l'humain" c'est un peu génant), il manque un vrai suspens, plus de tension, des personnages moins "carrés" (Catwoman étant la seule ambiguité) même s'ils sont extrêmement bien écrits, une meilleure exploitation de ses idées, de ses thèmes afin que les spectateurs ne s'acharnent pas à recoller les pièces d'un puzzle qui parait plus fade qu'il ne l'ai en réalité : sans doute une oeuvre que l'on se doit de revoir en ayant déjà vu son grandiose final mais dont j'ai bien peur qu'elle garde un petit air d'inachevée... ou de mal achevée.

NOTE : 13-14 / 20

Voir : Batman (1966) - Batman (1989) - Batman 2 - Batman 3 - Batman 4 - Batman begins - The dark knight - Batman V Superman - & les sagas Superman - Green lantern

Voir : Fiche "Super-héros"

La critique des internautes
 

TDK Rises se présente comme la conclusion de l’épique trilogie entamée par Nolan avec un Begins très bon et un Dark Knight excellent. La fébrilité était donc de mise avant d’assister à la projection de ce batman qui se révélait être le dernier réalisé par cet auteur. Nolan réussit son pari haut la main :force est de constater la puissance narrative et émotionnelle que dégage le récit. L’histoire est sublime –les fameux twists propres à Nolan-, la mise en scène extraordinaire, pas de temps mort, pas mal de dialogues, toujours intelligent dans sa présentation des personnages et dans sa recherche de la perfection, il faut bien reconnaître que ce Batman est un chef d’œuvre des films de super héros. Peut être même un chef d’œuvre tout court. Car nous ne sommes pas vraiment devant un film de super héros, mais plutôt devant un thriller, dans lequel nous retrouvons un Batman affaibli psychologiquement et physiquement. Et Christian Bale d’apporter toute sa profondeur de jeu, d’intéragir avec Michael Caine dans des scènes très touchantes teintées de dialogues justes. La musique colle parfaitement à cet humain tourmenté voulant accomplir des choses héroiques. Mais face à lui une montagne. Cette fois ci, nous avons un nouveau méchant –semble-t-il- en la personne de Bane, terroriste masqué. Il est difficile de passer après la performance hallucinée d’un Heath Ledger métamorphosé pour le rôle, mais Tom Hardy s’en sort remarquablement bien, avec une voix rauque derrière le masque qu’on n’est pas près d’oublier. Ajouté à cela un regard de fou furieux, la terreur s’installe, le méchant charismatique tant redouté est bien présent. Les autres acteurs sont soit excellent –Joseph Gordon, que tu joues juste !-soit passables –M.Cotillard. Les scènes d’actions sont vertigineuses, justifiant amplement le budget pharaonique de cette superproduction intelligente. Intelligente, comme l’introduction de Catwoman, superbement jouée par Anne Hattaway qui donne un charme fou à ce personnage ambigu. Ambigu, comme la fin envisagée par Nolan pour clore sa trilogie, qui laisse court à l’interprétation dechacun.

Ce dernier film sert de lien parfait et continu avec les deux premiers films. Voilà, on y est. C’est la fin de Batman, d’une conclusion puissante évoquant des thèmes aussi sombres que vrais. Ces évocations sonnent terriblement justes par cet art de l’ellipse si chère à Nolan.

Voilà, on y est. Encore. Séance terminée, dernière musique du chevalier noir. Dernier Batman en date réalisé par un génie. Par un futur maître du cinéma ? Aussi.



NOTE : 18/20

Juju

Je vais faire ce que les gens n’aiment plus je crois, c’est-à-dire, commencer par révéler la fin de mon propos : Je suis maintenant convaincu que ce troisième épisode est le meilleur de la trilogie.
Je pourrais me perdre dans Kafka, dans Dickens, dans Nietzsche (encore et toujours), dans Marx, dans Vallès, dans les affres de l’histoire du XVIIIème, XIXème et XXème siècle, je pourrais m’étendre sur l’actualité. Mais tout cela, le film le fait de manière si explicite, si visuelle, que ça serait bien lourdingue de ré asséner.
Je vais simplement donc vous présenter un point de vue. Même si beaucoup s’accorderont à dire que ce film est excellent, personne n’osera dire qu’il est meilleur que le précédent. Je ne dis pas ça par esprit de révolte, et je vais tâcher de vous présenter mon point de vue de façon claire.
Le Dark Knight présentait le chaos, il était un film sur le désespoir, sur la fatalité. Il se clôturait sur la meilleure partie du film qui visait à présenter comment cacher cette réalité chaotique et incontrôlable, sous une légende qui pourra donner espoir et cohésion au peuple.
Les gens aujourd’hui n’aiment plus les valeurs de patriotisme, d’héroïsme, de bravoure qui furent prônées jusqu’aux années 60. La mode est à la désillusion. Ce film était extrêmement bien senti, et de son temps.
Mais sa fin, cette légende pour souder le peuple, on appelle ça de la propagande… C’est le cycle arthurien, c’est Stakhanov…
Ce qui m’intéresse, c’est comment TDKR prend le contrepied, déconstruit brique par brique le film précédent pour faire un film sur l’espoir, la croyance. Il faut même croire en la mort, en avoir peur, alors l’espoir peut revivre. L’espoir se relève doucement, et redonne sa place au brave héros en culotte courte, brave, niais, profondément gentil, dévoué… C’est pour cela que le film se clôt sur Robin, c’est pour cela que Bruce ne peut pas mourir, au grand dam de nombreux de mes potes happés par la pensée contemporaine, blasés de tout. Après un film sur comment cacher la vérité pour donner la foi, un film sur comment admettre la vérité en gardant l’espoir.
C’est fort, c’est culotté. Ca va en choquer, en décevoir plus d’un… Mais c’est un véritable chef d’œuvre. Après Drive, je me dis que décidément, les vrais héros tendent à revenir, et j’en suis ravi !
C’est encore plus fort car ça clôt la trilogie dans un ton parfait. Dans ce film il y a le liant qui permet aux trois films de ne faire qu’un. Alors qu’on avait quelques doutes sur la cohérence entre les deux premiers.
Cette trilogie est donc une merveille. Elle fera date dans l’histoire du cinéma, elle donne au super héros ses lettres de noblesses. Plus encore que Burton. Cette trilogie mène Batman au rang du Parrain.
Je n’ai parlé ici que du message, et de la cohérence en tant que final d’un triptyque de légende. Il y a aussi cette manne de références si bien amenées…
En clair, ce film est extrêmement bien écrit, et divinement filmé. D’ailleurs Kubrick même serait bluffé par la photographie de TDKR…
Mais ce sont surtout les créateurs de Batman qui seraient fiers et admiratifs. Le clan Nolan a su respecter chaque personnage et son histoire propre, sans les déformer trop, mais en les emmêlant suffisamment pour nous perdre et nous faire les redécouvrir !
Enfin, une fois de plus, il y a beaucoup de choses tirées de la série animée, et je ne peux que les en remercier.
Puis il y a ces acteurs…
Commençons par le plus important. Bale est parfait. Certains se plaignent de ne pas assez voir Batman dans ce film, je pense qu’on ne l’a jamais autant vu. Il est partout, dans le moindre regard, dans le moindre rictus. Bale est réellement double, c’est merveilleux.
Anne Hathaway fait un boulot de dingue. Loin du conte de fée de Burton, ils ont osé revenir aux sources de ce qu’est réellement Catwoman… Pas une cinglée. Simplement une belle femme, sensible et intelligente. Vicieuse et perverse uniquement sous la contrainte. C’est bien, c’est épuré.
Puisqu’on est dans les femmes, plions Cotillard dès à présent. C’est fort dommage qu’il ait fait appel à elle. Elle est mauvaise. Et sa mort est pathétique. Mais je suis finalement fan de l’idée d’avoir glissé le personnage de Talia Al Guhl.
Quant à Bane, je suis fort triste que les gens se permettent de le comparer à d’autres méchants alors qu’il est de loin le meilleur qu’on ait jamais vu ! Les gens diront que jamais on ne pourra égaler le Joker de Heath Ledger, c’est bête, c’est dommage… On pouvait comparer la performance de ce dernier à celle de Nicholson. Heath Ledger a eu le cran d’en faire un nouveau et a bien réussi son coup. Ici Tom Hardy ne partait de rien, il n’y a pas de comparaison possible, car le seul Bane qu’on ait vu était dans le pathétique Batman et Robin de Schumacher, et il était un animal, un être décérébré.
Les gens aimaient l’imprévisible du Dark Knight, la surprise permanente. Ici le film est linéaire, Bane dit dès le début ce qu’il va faire, et on avance doucement vers la fin.
Pour avoir revu le Dark Knight, la performance de Ledger est aveuglante, mais son personnage n’est pas le plus intéressant. C’est Harvey Two-Face qui est réellement fascinant. Ici Bane est fascinant de la même manière.
Je me suis un peu éloigné avec Bane. Revenons aux acteurs.
Gordon-Levitt/Robin est encore parfait. Sa niaiserie sous-jacente est extra.
Quant à Morgan Freeman et Gary Oldman, ils font leur travail.
Mention spéciale à Michael Caine, qui est époustouflant, plus encore que dans les autres épisodes. J’ai même rêvé le premier soir que le film s’arrête sur son sourire à la terrasse du café florentin, sans voir Bruce et Selina, sans voir Robin dans la Batcave… Une conclusion sur Alfred !
Michael Caine est décidément un acteur sensationnel !
Et enfin, Matthew Modine. Quel bonheur d’abord de le revoir. Quel bonheur ensuite de le voir camper un personnage passionnant, profond, extrêmement complexe dans sa demi-lâcheté, et interprété avec une finesse rare. Il m’a presque soutiré une larme.
Je suis maintenant convaincu que ce troisième épisode est le meilleur de la trilogie.
(un petit hic tout de même… Je préférais quand Gotham était Chicago… Là c’est parfois trop clairement NY, notamment une vue où l’on voit le nouveau World Trade Center en construction…)


NOTE : -/20

Charles