The
dark knight rises |
(13-14) |
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Batman ends... Une oeuvre avec un ou plusieurs twists
ne doit pas manquer de capter l'attention et l'intelligence des spectateurs
tout au long du métrage afin de ne pas faire reposer tout le film
sur les frêles épaules d'un final flamboyant... voici le
gros défaut de ce Dark knight rises. C'est sans doute parce qu'il
n'est pas aussi réussi que son prédécesseur, qui
avait placé la barre très haute il faut bien le dire, que
je n'ai pu retrouver dans ce dernier tome tout ce que j'étais venu
y chercher. Car ce film est un peu trop tiède à mon goût,
sur tous les plans : si le scénario est brillamment destructuré
pour faire avancer de front 3 histoires qui se croiseront avec autant
de force, on est loin de la profondeur et de la complexité de celui
de Dark knight, ni de son homogénéité et de son équilibre
proche de la perfection. Comme si le scénario servait à
noyer le flux de dialogues, comme si l'on sentait la pression sur les
épaules de frères Nolan, cherchant à éviter
impérativement de faire un B-movie mais s'y prenant un peu maladroitement,
ne poussant pas toutes leurs idées dans leur dernier retranchement,
ne les explorant pas assez en profondeur. Les motivations profondes de
Bane resteront flous avant leur mise en lumière sous un angle différent
vers la fin du film ; on aurait dû nous mettre sur une fausse piste
plus sérieuse que celle d'un simple terroriste à la violence
gratuite qui, par ailleurs, se casserait alors les méninges pour
pas grand chose s'il ne souhait que faire un maximum de cadavres. Ce bad
guy manque sérieusement de charisme et la mise en parallèle
avec le Joker est aussi inévitable que dommageable, ses dialogues
ne sont jamais assez marquants et il ne deviendra fascinant que bien trop
tard, lorsqu'on connaîtra tout de lui... Disons que ce n'est pas
le méchant ultime que j'étais en droit d'attendre. Bien
sûr que l'on ne passera pas à côté de cet esthétisme
aussi sombre que soigné qui contribue au traitement de thèmes
aussi fort que la rédemption ou le terrorisme, mais ne fait qu'effleurer
des thématiques plus profondes, plus socio-politico-économiques
: la libération d'un peuple d'opprimés -par la finance-
par un gropuscule extrêmiste, sa violence, sa fausse liberté,
sa justice expéditive, ses milices... Même les combats, pour
beaucoup au corps à corps, sont assez fades, en tous les cas plus
fades qu'ils ne sont vraiment réalistes. Alors bien sûr que
non, The dark knight rises n'est en rien un mauvais film, mais plutôt
un film plein de retenu que rien dans l'introduction ne laissait envisager
comme tel ; et même si Nolan reste appliqué dans sa réalisation,
maniant à la perfection l'art de l'ellipse, même si le final
est effectivement flamboyant, plus émotionnel que tous le reste
du film (pour un film qui traite de "l'humain" c'est un peu
génant), il manque un vrai suspens, plus de tension, des personnages
moins "carrés" (Catwoman étant la seule ambiguité)
même s'ils sont extrêmement bien écrits, une meilleure
exploitation de ses idées, de ses thèmes afin que les spectateurs
ne s'acharnent pas à recoller les pièces d'un puzzle qui
parait plus fade qu'il ne l'ai en réalité : sans doute une
oeuvre que l'on se doit de revoir en ayant déjà vu son grandiose
final mais dont j'ai bien peur qu'elle garde un petit air d'inachevée...
ou de mal achevée. |
La critique des internautes |
TDK Rises se présente comme la conclusion de l’épique trilogie entamée par Nolan avec un Begins très bon et un Dark Knight excellent. La fébrilité était donc de mise avant d’assister à la projection de ce batman qui se révélait être le dernier réalisé par cet auteur. Nolan réussit son pari haut la main :force est de constater la puissance narrative et émotionnelle que dégage le récit. L’histoire est sublime –les fameux twists propres à Nolan-, la mise en scène extraordinaire, pas de temps mort, pas mal de dialogues, toujours intelligent dans sa présentation des personnages et dans sa recherche de la perfection, il faut bien reconnaître que ce Batman est un chef d’œuvre des films de super héros. Peut être même un chef d’œuvre tout court. Car nous ne sommes pas vraiment devant un film de super héros, mais plutôt devant un thriller, dans lequel nous retrouvons un Batman affaibli psychologiquement et physiquement. Et Christian Bale d’apporter toute sa profondeur de jeu, d’intéragir avec Michael Caine dans des scènes très touchantes teintées de dialogues justes. La musique colle parfaitement à cet humain tourmenté voulant accomplir des choses héroiques. Mais face à lui une montagne. Cette fois ci, nous avons un nouveau méchant –semble-t-il- en la personne de Bane, terroriste masqué. Il est difficile de passer après la performance hallucinée d’un Heath Ledger métamorphosé pour le rôle, mais Tom Hardy s’en sort remarquablement bien, avec une voix rauque derrière le masque qu’on n’est pas près d’oublier. Ajouté à cela un regard de fou furieux, la terreur s’installe, le méchant charismatique tant redouté est bien présent. Les autres acteurs sont soit excellent –Joseph Gordon, que tu joues juste !-soit passables –M.Cotillard. Les scènes d’actions sont vertigineuses, justifiant amplement le budget pharaonique de cette superproduction intelligente. Intelligente, comme l’introduction de Catwoman, superbement jouée par Anne Hattaway qui donne un charme fou à ce personnage ambigu. Ambigu, comme la fin envisagée par Nolan pour clore sa trilogie, qui laisse court à l’interprétation dechacun. Ce dernier film sert de lien parfait et continu avec les deux premiers films. Voilà, on y est. C’est la fin de Batman, d’une conclusion puissante évoquant des thèmes aussi sombres que vrais. Ces évocations sonnent terriblement justes par cet art de l’ellipse si chère à Nolan. Voilà, on y est. Encore. Séance terminée, dernière musique du chevalier noir. Dernier Batman en date réalisé par un génie. Par un futur maître du cinéma ? Aussi.
Juju |