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The dark knight rises
Détails du film sur InCiné

Christopher NOLAN
(13-14)

Batman ends... Une oeuvre avec un ou plusieurs twists ne doit pas manquer de capter l'attention et l'intelligence des spectateurs tout au long du métrage afin de ne pas faire reposer tout le film sur les frêles épaules d'un final flamboyant... voici le gros défaut de ce Dark knight rises. C'est sans doute parce qu'il n'est pas aussi réussi que son prédécesseur, qui avait placé la barre très haute il faut bien le dire, que je n'ai pu retrouver dans ce dernier tome tout ce que j'étais venu y chercher. Car ce film est un peu trop tiède à mon goût, sur tous les plans : si le scénario est brillamment destructuré pour faire avancer de front 3 histoires qui se croiseront avec autant de force, on est loin de la profondeur et de la complexité de celui de Dark knight, ni de son homogénéité et de son équilibre proche de la perfection. Comme si le scénario servait à noyer le flux de dialogues, comme si l'on sentait la pression sur les épaules de frères Nolan, cherchant à éviter impérativement de faire un B-movie mais s'y prenant un peu maladroitement, ne poussant pas toutes leurs idées dans leur dernier retranchement, ne les explorant pas assez en profondeur. Les motivations profondes de Bane resteront flous avant leur mise en lumière sous un angle différent vers la fin du film ; on aurait dû nous mettre sur une fausse piste plus sérieuse que celle d'un simple terroriste à la violence gratuite qui, par ailleurs, se casserait alors les méninges pour pas grand chose s'il ne souhait que faire un maximum de cadavres. Ce bad guy manque sérieusement de charisme et la mise en parallèle avec le Joker est aussi inévitable que dommageable, ses dialogues ne sont jamais assez marquants et il ne deviendra fascinant que bien trop tard, lorsqu'on connaîtra tout de lui... Disons que ce n'est pas le méchant ultime que j'étais en droit d'attendre. Bien sûr que l'on ne passera pas à côté de cet esthétisme aussi sombre que soigné qui contribue au traitement de thèmes aussi fort que la rédemption ou le terrorisme, mais ne fait qu'effleurer des thématiques plus profondes, plus socio-politico-économiques : la libération d'un peuple d'opprimés -par la finance- par un gropuscule extrêmiste, sa violence, sa fausse liberté, sa justice expéditive, ses milices... Même les combats, pour beaucoup au corps à corps, sont assez fades, en tous les cas plus fades qu'ils ne sont vraiment réalistes. Alors bien sûr que non, The dark knight rises n'est en rien un mauvais film, mais plutôt un film plein de retenu que rien dans l'introduction ne laissait envisager comme tel ; et même si Nolan reste appliqué dans sa réalisation, maniant à la perfection l'art de l'ellipse, même si le final est effectivement flamboyant, plus émotionnel que tous le reste du film (pour un film qui traite de "l'humain" c'est un peu génant), il manque un vrai suspens, plus de tension, des personnages moins "carrés" (Catwoman étant la seule ambiguité) même s'ils sont extrêmement bien écrits, une meilleure exploitation de ses idées, de ses thèmes afin que les spectateurs ne s'acharnent pas à recoller les pièces d'un puzzle qui parait plus fade qu'il ne l'ai en réalité : sans doute une oeuvre que l'on se doit de revoir en ayant déjà vu son grandiose final mais dont j'ai bien peur qu'elle garde un petit air d'inachevée... ou de mal achevée.

 

La critique des internautes
 

TDK Rises se présente comme la conclusion de l’épique trilogie entamée par Nolan avec un Begins très bon et un Dark Knight excellent. La fébrilité était donc de mise avant d’assister à la projection de ce batman qui se révélait être le dernier réalisé par cet auteur. Nolan réussit son pari haut la main :force est de constater la puissance narrative et émotionnelle que dégage le récit. L’histoire est sublime –les fameux twists propres à Nolan-, la mise en scène extraordinaire, pas de temps mort, pas mal de dialogues, toujours intelligent dans sa présentation des personnages et dans sa recherche de la perfection, il faut bien reconnaître que ce Batman est un chef d’œuvre des films de super héros. Peut être même un chef d’œuvre tout court. Car nous ne sommes pas vraiment devant un film de super héros, mais plutôt devant un thriller, dans lequel nous retrouvons un Batman affaibli psychologiquement et physiquement. Et Christian Bale d’apporter toute sa profondeur de jeu, d’intéragir avec Michael Caine dans des scènes très touchantes teintées de dialogues justes. La musique colle parfaitement à cet humain tourmenté voulant accomplir des choses héroiques. Mais face à lui une montagne. Cette fois ci, nous avons un nouveau méchant –semble-t-il- en la personne de Bane, terroriste masqué. Il est difficile de passer après la performance hallucinée d’un Heath Ledger métamorphosé pour le rôle, mais Tom Hardy s’en sort remarquablement bien, avec une voix rauque derrière le masque qu’on n’est pas près d’oublier. Ajouté à cela un regard de fou furieux, la terreur s’installe, le méchant charismatique tant redouté est bien présent. Les autres acteurs sont soit excellent –Joseph Gordon, que tu joues juste !-soit passables –M.Cotillard. Les scènes d’actions sont vertigineuses, justifiant amplement le budget pharaonique de cette superproduction intelligente. Intelligente, comme l’introduction de Catwoman, superbement jouée par Anne Hattaway qui donne un charme fou à ce personnage ambigu. Ambigu, comme la fin envisagée par Nolan pour clore sa trilogie, qui laisse court à l’interprétation dechacun.

Ce dernier film sert de lien parfait et continu avec les deux premiers films. Voilà, on y est. C’est la fin de Batman, d’une conclusion puissante évoquant des thèmes aussi sombres que vrais. Ces évocations sonnent terriblement justes par cet art de l’ellipse si chère à Nolan.

Voilà, on y est. Encore. Séance terminée, dernière musique du chevalier noir. Dernier Batman en date réalisé par un génie. Par un futur maître du cinéma ? Aussi.



NOTE : 18/20

Juju