Green
lantern |
(10-11) |
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Un film qui aurait mérité de durer 3 heures
? Pas forcément : car les FX surchargés et omniprésents
lors des scènes extra-terrestres deviennent vite étouffants
et contrastes trop avec le monde "terre à terre". Ces
FX, bien que réussis dans l'ensemble, sont proprement hideux, froid
comme peut l'être l'infographie et trop énormes dans un monde
contemporain, le nôtre, où les super-héros se veulent
avant tout réalistes, proche de nous, à l'image des derniers
'Batman" ; ici les couleurs, les lumières sont écoeurantes
et une simple galerie d'E.T. façon "cantina" ne suffira
à emporter notre adhésion. Alors ce film est sans doute
fidèle à son modèle (mais je ne suis pas un fan de
la première heure), les scènes d'action réalistes
y sont réussies (celle des avions) autant celles bouffées
par les FX sont repoussantes. Et puis le scénario est extrêmement
abrupte, on met très longtemps avant de pouvoir s'identifier aux
personnages, on aura du mal à pouvoir adhérer à l'univers
présenté dans son intégralité. Les personnages
secondaires, par ailleurs passionnant comme on le verra, auraient mérité
un plus ample développement alors qu'ils sont seulement effleurés
par un scénario qui cherche à tout présenter dans
sa globalité plutôt que de se concentrer sur un élément
du scénario. Le précepte du film est excellent, le thème
de la peur parfaitement présenté, maitrisé, et le
héros, à l'issu du film, trouve un retentissement à
nos yeux : s'éloigner du modèle paternel et avouer ses défauts,
ses faiblesses afin de pouvoir évoluer. Pour le reste, le scénario
peine à se centrer sur l'humanité des personnages, il est
vite farfelu, énaurme, voir extrêmement elliptique en son
début ; la dramaturgie reste très faible pour une oeuvre
de cet acabit, et suit un schéma on ne peut trop classique : découverte
des pouvoirs, entrainement (expéditif), refus des responsabilités,
bataille et happy end. Finalement les personnages secondaires sont assez
fascinants (hors mis la belle de service, son père et le politicien
un peu bâteau), notamment par le fait que les méchants sont
aussi nombreux que jouant tous sur un registre totalement différent
: Hector en tant qu'amoureux éperdu et jaloux, à la transformation
involontaire, autant physique que psychique, Sinistro comme éternel
sceptique et inconsolable ami, enfin Parallax en bad guy qui jouit d'une
véritable malédiction (il ne souhaitait pas être méchant).
Mais eux aussi auraient mérité un plus ample développement,
au-delà de leur deux ou trois scènes réglementaires,
à l'image de celles du bad guy. Pourtant ce qui nous éloigne
réellement de l'univers de ce film -et ce qui a sans doute dissuadé
le public du monde entier- c'est évidemment le syndrôme "superman",
celui d'un super-héros trop puissant (sa seule volonté lui
permet tout, absolument tout), sans limite de pouvoir ni réelle
faiblesse, presque infantile, souvent aberrant (le circuit pour détourner
l'hélico...) et surréaliste. Il y a toujours un véritable
déséquilibre entre les scènes terriennes et les scènes
extra-terriennes, un problème de balance et de poids, visuellement
et scénaristiquement. |