La
planète des singes : les origines |
Rupert WYATT |
(17-18) |
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Un film pour expliquer et rétablir la vérité
: le capitaine George Taylor était à moitié dans
le vrai lorsqu'il affirmait "qu'ils avaient fait sauté leurs
bombes". Et ce ne sera pas le seul lien étroit et intelligent
avec la fameuse série originelle ; les plus observateurs d'entre
vous auront remarqué les clins d'oeil qui y font directement allusion
et référence (Taylor / C. Heston se préparant au
1er voyage habité vers Mars, l'annonce de la perte de leur vaisseau).
Cette oeuvre est avant tout réflexive, sur la soit-disant toute
puissance de l'espèce humaine et sa propension à disposer
des richesses de la nature, notamment des autres espèces. On y
évoque le statut des animaux, la condition animale ; mais l'intéret
du film est véritablement ailleurs : ceci n'est que le point de
départ d'une révolte beaucoup plus profonde. Il est justement
surprenant d'y apprendre que la chute de l'humanité ne vient pas
de leur façon de s'entretuer où d'apprendre à le
faire (les bombes) mais exactement du contraire, de leur science omnipotente,
avant tout destinée à la faire vivre, et d'elle seule ;
véritable ironie du sort, si j'ose dire, un seul savant est la
cause du plus grand drame de l'histoire et il n'est pas l'un de ces savants
fous du cinéma classique. Non, c'est un homme profondément
bon, un savant d'un genre nouveau, avec des scrupules, qui est devenu
chercheur afin de sauver son père ainsi que tous les malades d'Alzeimher.
Ce n'est pas un être abject qui va créer un monstre pour
le simple plaisir de défier Dieu, mais c'est pourtant lui qui va
précipiter l'homme à l'état primaire, dans tous les
sens du terme ; c'est en cherchant le bien qu'il va faire le "mal",
où plutôt donner une leçon dramatique et inattendue
à son espèce. Il va engendrer une nouvelle race en la faisant
évoluer artificiellement et inconsciemment, changeant des statuts
qui semblaient immuables, ceux de dominants et de dominés. Le dominé
évolue, découvrant sa force et sa liberté, sa triste
condition et se rendant compte que les lois humaines ne lui sont plus
adaptées, va organiser une révolte : l'homme va voir des
siècles de supériorité choir, des siècles
et des siècles où ce dominant utilisait les animaux, ses
inférieurs, afin d'assurer sa propre survie (nourriture, expériences...etc).
La scène où un homme se retrouve en cage est un symbole
très, très fort. Avec un peu de recul on se rencontre que
l'histoire, le fond scénaristique et les thèmes développés
son profondément originaux et inhabituels au cinéma, même
mis en exergüe avec le film originel car ils sont vus de façon
complètement novatrice et différente, d'un autre point de
vue cette fois. Cette originalité se retrouvera avec cette fin
complètement ouverte, ou plutôt franchement inachevée
(et un clin d'oeil à New York !), même si derrière
on y reconnaitra une logique commerciale imparable. Le film possède
également SA scène inoubliable (Cf. la découverte
de la Statue de la Liberté) : la scène du "Non"
restera à jamais graver dans la mémoire des cinéphiles.
Le scénario va très vite, peut-être trop vite, pourtant
il ne manque rien, ni dans l'intrigue ni dans le développement
des personnages, rien n'est laissé au hasard. Mais si tout n'était
que question de scénario ! La musique, plutôt tribale au
début du film, plonge et nous fait également plonger au
moment du basculement, devenant "primale" et engendrant un vraie
peur, profonde. La réalisation de ce presque novice est vraiment
excellente, subtile et ne faiblit jamais. Les effets spéciaux ?
J'émettrais une simple réserve concernant la numérisation
visible des singes lors de leurs mouvements rapides ; pour le reste j'ai
eu l'impression de vivre à nouveau ce qui était arriver
en 1993 avec Jurassik Parc : une révolution
en profondeur des effets numériques à la fois dans leur
perfection (les visages sont en tout point "vivants") et dans
leur approche au moment du tournage (de la performance capture tournée
en direct sur les lieux de tournage). Une simple réflexion : Andy
Serkis n'apparait pas en tête du générique de fin
et j'ose espérer qu'une telle injustice sera réparée
lors de la remise des Oscar.... Dans ce film l'émotion nous provient
essentiellement des singes et vous l'avez compris : ce préquel
est une merveille où j'ai pris un malin plaisir à voir l'espèce
humaine se faire botter le c*l et toute l'arrogance de cette race dite
"supérieure" enfin réduite à néant
; car on le comprend bien à la fin : il n'y a pas de place pour
deux espèces dominantes sur cette planète (reliser votre
"préhistoire" notamment celle des Néanderthals
et des Cromagnons). |