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La planète des singes : Suprématie
Budget = 150 M$
BOX OFFICE France = 2 737 / 270 056 - 1 086 000 - () entrées
BOX OFFICE USA = 56,3 / - M$
BOX OFFICE Monde = (314,0) M$
 

La planète des singes : la rupture. Le seul défaut de ce dernier opus de l'une des meilleures trilogies du cinéma restera sans nulle doute son titre : suprématie, oui, mais non pas entre l'homme et le singe, mais bel et bien entre un homme et un singe ; comme un combat symbolisant à lui seul le combat supposé de chacune des espèces. Quand l'espèce suprême sent qu'elle va perdre sa domination absolue au profit d'une autre, la meilleure défense semble devoir être l'attaque. Et le film va tisser sa brillante toile scénaristique sur le thème fort qu'est la vengeance découlant de cette attaque ainsi que les liens qui unissent les espèces entre elles. La force passionnelle de l'oeuvre tient à la fois à l'humanisation physique et sensible encore plus poussée des singes (les visages simiesques sont de plus en plus troublants, l'adjonction d'une petite humaine est pleinement réussi) et à leurs réactions de plus en plus humanisées face aux diverses situations ; César semble basculer, verser dans la même haine que celle des humains et de feu Koba ("un singe ne tue pas un singe"), mais le leader haineux ne naîtra pas cette fois, sa mission est autre. Il y a dans ce film une véritable analyse de cette soif de vengeance, une vraie densité réflexive : le vengeur ne connait rien de l'histoire de sa victime, des raisons de son geste, chaque vengeance engendre de nouvelle histoire contrariées...etc. A ce titre la mort du leader est particulièrement somptueuse.
Le film est toujours diabalement connecté à l'histoire de notre propre humanité, tel un miroir que le scénario nous tend : le camp de travail en est le symbole ultime ; la bête humaine prête à anéantir tout une espèce en est le vecteur. Et dans ce cas précis le fou semble écrire l'avenir plutôt qu'il en a une véritable vision (il décrira un futur qui fait froid dans le dos... et pourtant tellement juste) : la haine appelant la haine, il précipitera son espèce dans les décombres de son Histoire. W. Harrelson tient son rôle à la perfection et il est une scène qui me reste en mémoire : lorsqu'un regard encore plus noir que ses lunettes de soleil se dévoile et qu'il dit que les yeux de César, face à lui et prisonnier, est... troublant. Tout est dit.
Des images sublimes, une composition musicale d'exception -entre marche simiesque et grandes envolées quasiment lyriques-, un scénario époustouflant en rebondissements et en intelligence, un A. Serkis passé maître absolu dans son art et, cette fois, une réalisation beaucoup mieux pensée, plus pointilleuse, et qui donne à l'oeuvre un bien meilleur rythme. On y ajoute une dose d'émotion nécessaire et jamais chiquée pour un film parfaitement équilibré.
Les liens se tissent subtilement entre ce dernier épisode et le 1er de la saga suivante (l'arrivée de Nova et Cornélius, l'apparition du mutisme chez les humains, les décors) mais il reste à raconter beaucoup de chose : la fin de règne de l'espèce humaine et son asservissement... et le sort de la pauvre statue de la liberté !

NOTE : 17-18 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : - /20

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