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La planète des singes : L'affrontement
Budget = 170 M$
BOX OFFICE France = 3 963 / 412 565 - 1 747 000 - 3 784 000 entrées
BOX OFFICE USA = 72,6 / 208,5 M$
BOX OFFICE Monde = 710,6 M$
 

Voici une formidable et inattendue fable politique digne d'être la suite des "Origines", d'une incroyable profondeur, c'est une étude clinique très fouillée et très juste ; même si le décorum est assez long à se mettre en place, faute de trouver rapidement le bon rythme, de laisser au spectateur cerner plus rapidement le sujet. Pas d'ambiance apocalyptique ici, on laisse ceci à une rapide introduction : le thème est tout autre. Dans un monde qui panse ses blessures, deux peuples antagonistes vont devoir essayer de vivre non loin de l'autre, construisant une paix délicate à mettre en place, très fragile. Pourquoi est-elle si délicate ? Parce que les forces en présence sont maintenant à peu près de même puissance, mais surtout parce que deux spectres "humains" vont refaire surface : la peur de l'autre, de celui qui est différent de soit et devient automatiquement suspicieux et menaçant, ainsi que les vieilles rancoeurs du passé, à la fois celles des hommes (les singes, le vecteur de la pandémie, sont tenus pour responsable de la quasi extinction de l'espèce humaine) et celle des singes (les hommes ont asservi les animaux et les ont torturés, les considérant depuis toujours comme inférieurs). De ce fait le moindre petit incident prendra des proportions inquiétantes, chacun préférant le repli sur soi, voir laissant la haine le submerger : c'est tellement plus simple que de la contrôler. Dans les deux camps les artisans de la paix vont devoir faire face à cette violence (et une scène rappellera forcément le destin d'un homme tel que M. L. king), la voir ronger leurs peuples respectifs et menacer dangereusement la stabilité. Car derrière tout cela il y a d'ambitieux "politiciens", tacticiens, opportunistes sans morale qui rêvent d'asseoir leur domination, complotant pour obtenir le pouvoir coûte que coûte, cherchant des boucs émissaires pour mieux manipuler l'opinion, par le mensonge, et se maintenant par la peur. Puis s'ensuit le temps de la résistance... bien qu'ici il soit trop tard pour revenir en arrière, le mal étant déjà fait et la machine de guerre déjà lancée. Je parais en raconter beaucoup sur le film, peut-être trop, mais cette lecture m'est apparue tellement évidente et claire qu'il est impossible que ce film très politisé ne le soit pas intentionnellement. On pourrait au jour d'aujourd'hui rapprocher ce brillantissime scénario de nombreux conflits passés et présents, si bien qu'il en devient troublant... Pourtant il manque peu de chose à l'oeuvre pour atteindre la qualité de l'original : j'ai souvent encensé M. Reeves, et je reste parallèlement persuadé que la véritable qualité d'un réalisateur se mesure à sa façon de filmer les scènes les plus posées, mais cette fois je n'ai pas vu un très grand Reeves, trop fade pour porter les longueurs du scénario. Autre qualité, presque évidente, celle de ces FX de plus en plus invisibles, si proche du jeu des acteurs que le voeu prononcé lors de la critique du premier opus s'est à demi exaucé : Serkis apparaît enfin en tête du générique de fin !!! En tous les cas voici l'une des sagas les plus riches du 7ème art.

NOTE : 15-16 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : - /20

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