La
planète des singes |
(19-20) |
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Formidable chef-d’œuvre du 7ème art,
géniale adaptation d’un monument de la littérature
de SF et première pierre d’une longue série (moins
intéressante par la suite : une œuvre incontournable et inimitable).
Elle vaut surtout pour son scénario subtile, apothéose extraordinaire
de la créativité d’un écrivain incroyable (Pierre
Boule). Sa vision du futur y est parfaitement plausible, très intelligente
et réèllement raffinée et, c’est de surprise
en surprise que nos yeux ébahis se dirige vers un final dont le
choc a marqué chacun des spectateur confronté à elle.
L’aventure de ce cosmonaute atterrissant involontairement sur cette
planète nous est conté comme si l’on se trouvait à
sa place, d’où l’immense étonnement à
la vision de ces singes chassant l’être humain, parlant, réfléchissant
; puis on s’habitue peu à peu à cette leçon
de morale sous-jacente sur le statut des espèces, sur l’évolution.
Et puis on explore leurs mœurs, leur caractère didatorial,
agressif et intolérant, très proche de celui des humains,
ici réduit à de simples animaux sans intelligence ni parole.
Une belle allégorie. Enfin, le final, après nous avoir mis
l’eau à la bouche, laissé espérer un dénouement
simple, on ne peut soupçonner le choc à venir, réaliste
au point de faire peur ; le verdict est sans appel, dramatique et fort.
On aurait presque envie de se lever et d’applaudir tant l’impact
est évident et la logique mise à nue. Parfait. Surtout que
ce final nous laisse dans l’angoisse, assujetti à des questions
sans réponse. Une œuvre majeure dont l’étude
des mœurs de notre société, tant sur le plan religieux
que politique, restera dans toutes les mémoires. Une double étude,
pessimiste au possible. Une émotion d’enfant transformé
en admiration d’adolescent puis en respect d’adulte. John
Chambers n’y est pas non plus étranger. |