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La planète des singes

Franklin J. SCHAFFNER
(19-20)

Formidable chef-d’œuvre du 7ème art, géniale adaptation d’un monument de la littérature de SF et première pierre d’une longue série (moins intéressante par la suite : une œuvre incontournable et inimitable). Elle vaut surtout pour son scénario subtile, apothéose extraordinaire de la créativité d’un écrivain incroyable (Pierre Boule). Sa vision du futur y est parfaitement plausible, très intelligente et réèllement raffinée et, c’est de surprise en surprise que nos yeux ébahis se dirige vers un final dont le choc a marqué chacun des spectateur confronté à elle. L’aventure de ce cosmonaute atterrissant involontairement sur cette planète nous est conté comme si l’on se trouvait à sa place, d’où l’immense étonnement à la vision de ces singes chassant l’être humain, parlant, réfléchissant ; puis on s’habitue peu à peu à cette leçon de morale sous-jacente sur le statut des espèces, sur l’évolution. Et puis on explore leurs mœurs, leur caractère didatorial, agressif et intolérant, très proche de celui des humains, ici réduit à de simples animaux sans intelligence ni parole. Une belle allégorie. Enfin, le final, après nous avoir mis l’eau à la bouche, laissé espérer un dénouement simple, on ne peut soupçonner le choc à venir, réaliste au point de faire peur ; le verdict est sans appel, dramatique et fort. On aurait presque envie de se lever et d’applaudir tant l’impact est évident et la logique mise à nue. Parfait. Surtout que ce final nous laisse dans l’angoisse, assujetti à des questions sans réponse. Une œuvre majeure dont l’étude des mœurs de notre société, tant sur le plan religieux que politique, restera dans toutes les mémoires. Une double étude, pessimiste au possible. Une émotion d’enfant transformé en admiration d’adolescent puis en respect d’adulte. John Chambers n’y est pas non plus étranger.