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Star wars - Les derniers Jedi
Budget = - M$
BOX OFFICE France = 13 190 / 503 727 - 2 510 000 - (7 197 000) entrées
BOX OFFICE USA = 220,0 / 620,2 M$
BOX OFFICE Monde = (1 332,7) M$
 

35 années de passion... et je n'aurais jamais cru être réservé à propos d'un film issu de cette immense saga. Même si à sa seconde vision j'ai largement tempéré mes propos (voir plus bas) mais vous laisse découvrir ma critique originelle. Les détracteurs de l'épisode précédent imputaient ses défauts à ses ressemblances aux autres éléments de la série alors qu'il s'agissait en fait d'un film passant le relai, épisode de transition qui avait pris parti de rappeler l'essence (et pas seulement le scénario... voir ma critique détaillée) de la saga intergalactique, le socle d'un mythe plus qu'une simple trame. Ses menus défauts étant essentiellement diégétiques et selon moi, fort peu nombreux. Alors que nous propose ce second opus de la nouvelle trilogie ? Un alignement de scènes sur une trame reconnue, tout autant que dans le précédent film : le maître Jedi et ses divers problèmes d'apprentis, le jeune Jedi que l'on souhaite attirer du côté obscur, un Nouvel Empire Vs des rebelles en sous-nombre... On retrouvera également une planète blanche, en forme de clin d'oeil, où le Premier Ordre délogera les rebelles ; mais cette fois au fil de scènes qui ne parviendront pas toujours à me convaincre. Pas complètement en tous les cas.
Pourquoi ? Tout est affaire d'écriture, et essentiellement d'écriture. Parce que, justement, le mythe est cette fois "malmené" et que quelques scories viennent entacher régulièrement le film. Cette succession de séquences grossissant parfois à outrance le trait (les créatures de l'île) et débouchant inlassablement sur une pointe d'humour -marque de fabrique de Disney que l'on retrouve dans les films Marvel- n'est jamais, non seulement parfaite, mais tout simplement réussie de bout en bout. Et ça, c'est terrible pour un fan... On retrouve donc ce comique tout azimuth, attribué aveuglement à n'importe quels personnages, intégré très maladroitement au sein de scènes qui n'en avaient nullement besoin (l'aparté sur la tunique / cape est totalement déplacé, la bouffonerie du général Hux au début...etc). Quand Yoda était un maladroit vieillard un rien sénile, Luke préfère les puntchlines trop appuyés, singeant son maître de manière artificielle. Certaines scènes possèdent par ailleurs une écriture assez chaotique dont on ne voit que trop les coups de biseau. Quand elles ne débouchent pas sur des séquences fondamentalement médiocres : je pense que la fameuse scène de Léia fera couler beaucoup d'encre pour la simple et bonne raison qu'elle n'est ni expliquée, ni évoquée sur le tôt ou sur le tard, et que ses seules raisons d'être sont parfaitement maladroites... Encore aurait-il fallu que la suite de l'histoire justifie pleinement ce changement de cap : ce n'est aucunement le cas. Ce n'est que mon avis.
Il y a un gros problème de crédibilité, parfaitement diégétique, une crédibilité interne : trop de scènes ne tiennent pas sur leurs bases -simplement sur leurs bases- et induisent de gênantes questions. Quand le Premier Ordre a la main mise sur la plupart de l'univers connu, une armée consistante, il est bien difficile de penser que de simples petits vaisseaux puissent échapper à leur vigilance, et ce à de très multiples reprises. Pourquoi, malgré leur force de frappe évidente, le N.O. n'encercle-t-il pas cette poignée de rebelles afin de contourner leurs boucliers ? On sait pertinemment depuis l'épisode 4 qu'ils peuvent savoir s'ils sont porteurs de vie ou pas : comment Finn et Rose peuvent-ils quitter les lieux de la bataille au nez et à la barbe du N. O. et revenir sans gêne ?? Pire, qu'ils puissent les laisser indifférents quand tant de navettes de transports quitte le vaisseau principal (ce sera un traître qui suggérera leur présence !!) ? Beaucoup de questionnement qui portent un coup à l'intégrité de l'histoire elle-même et nous empêchent de croire que les rebelles sont en sous-nombre, désespérés face à un armada toute puissante. Et dans un autre registre : Pourquoi le nouveau commandant n'informe-t-il pas Poe des intentions de la résistance, même si celles-ci auront du mal à satisfaire le spectateur ? Certe : ce ne sont que des séquences, pas le coeur du film...
Autre problème perturbant : certains personnages. Leur manque d'intensité psychologique fait que, pour nombre d'entre eux, on ne s'y attache pas, ou pas assez : c'est le cas de l'amiral Holdo, débarquée au commandement, de Rose malgré une ébauche, de la sympathique et commerciale potiche Porg, voir de DJ, que l'on aurait pu comparer à Lando. De même nos personnages favoris ne sont plus que des héros sans grands traits de caractère : Poe ou Finn -malgré un clin d'oeil au passé de ce dernier- et ceux dont on attendait beaucoup ne seront que l'ombre d'eux-mêmes, de simples personnages d'action, faute de temps alloué ; le plus regrettable exemple restera Snoke (scène mal pesée et chiche), bien que l'apparition de Phasma est également bien trop succinte à mon goût. On sent que la dramaturgie, l'intensité dramatique, celle qui nous avait parfaitement renversé dans l'épisode 5, ne parvient pas à faire naître d'émotions suffisantes sur la longueur, celles correspondant à notre attente ; la véritable et profonde dramaturgie est proprement évitée, pas assez prégnante pour déboucher sur un transfère et nous atteindre pleinement. Ici on préfère ménager constamment le spectateur et rester dans une émotion de surface.
Mais tout est loin d'être négatif : le scénario est clairement recentré sur Rey et Kylo : Rey toujours fragile, se cherchant, découvrant ses possibilités, offre les plus beaux moments du film ; même si je pense qu'une certaine déception viendra pointer le bout de son nez à propos d'une question essentielle... Kylo plus ambigu et imprévisible, prenant l'ascendant, montant en puissance et en ambition et promettant le meilleur pour la suite. Une très louable évolution psychologique. Le film réserve tout autant son lot de surprises -bonnes ou mauvaises par ailleurs- mais il se tortille comme il se doit en terme de canevas ; le développement des nouveaux pouvoirs Jedi me parait dans la droite continuité de la saga, s'appuyant constamment sur ce qui pré-existait. On pourrait souligner nombre de scènes au potentiel évident -les combats épiques en grande partie-, un fond tourné vers une certaine, même si maladroite, révérence, ainsi que d'inusables nouvelles créatures (les Vulptices) et droïdes (le BB-9E), et des effets spéciaux irréprochables. La bataille finale permet au film de lever bien haut la tête à la toute fin : intense, très bien scénarisé (même si on a eu peur un instant), un peu plus émotive, avec de superbes plans ; et toujours le maître absolu aux commandes de la partition musicale : Sir John Williams ; quoique plus effacé pour cet épisode.
J'ai l'air d'être franchement négatif car ma déception est prégnante : ce sont de gros détails qui viennent perturber de bonnes scènes dans leur essence, une structure parfaitement adaptée mais construite autour d'une écriture plutôt inélégante. Sur le papier le film est consistant, mais le passage à l'écran est plus aléatoire. Constamment tiraillé entre l'émerveillement et la déception je fus ; Star wars 8 est "seulement" un très bon film -essentiellement à cause de son traitement déséquilibré- auquel il manque de grandes scènes, la complexité de l'épisode 5, un apport plus profond à la saga et une symbiose parfaite avec le reste de la saga. C'est une oeuvre agréable mais trop distanciée. La réalisation est également un bon ton en-dessous de l'épisode 7, plus monotone dans les séquences posées. Et un montage qui oublie la signature des précédents épisodes. Notons un très joli final qui laisse imaginer de nombreuses pistes nouvelles... Un nouvel espoir ?

Seconde vision : Le film n'est pas complètement réussi : est-ce cela qui m'a perturbé à sa 1ère vision ? Conscient des défauts, je le répète, partiels, menus, erratiques au sein du scénario, je dois bien avouer que le film résiste plutôt bien à une seconde vision. Ces défauts passent un peu plus au second plan, voir s'estompent, même si certains d'entre eux me gênent profondément et parasitent durablement le film. Luke me semble moins bouffon que je ne l'avais vu, Rose plus intéressante, l'entrainement de Rey plus probant (la non-révélation est sans doute plus fine que je ne l'eu cru : "nous sommes nos propres parents"), la séquence du casino succinte mais pas si mal. Une copie un peu pâle de L'empire contre-attaque dont les plus gros défauts -de crédibilté pour la plupart- émergent en son centre. La dernière demi heure déchire et cette bataille de Crait est visuellement extraordinaire

NOTE : 15-16 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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