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La guerre des étoiles

George LUCAS
(19-20)

Lucas a rendu son film universel et c'est de là qu'il en tire toute sa puissance. Il réuni tous les suffrages : ceux des historiens-politiques, en préfigurant les guerres passées, présentes et à venir, en décorticant leur processus mais en en retirant que l'aspect héroïque, c'est-à-dire l'action et le suspense (on reparlera de cet aspect naïf du film). Les suffrages des intellectuels pour à peu près les mêmes raisons, en y ajoutant l'aspect psychologique, dépassement de soi-même et tentation du mal (développé dans le 2nd volet). Les suffrages des cinéphiles qui y trouve tous les ingrédients du grand film dans sa trame dramatique et dans cet hommage aux vieux films de cape et d'épée (la musique, le bien contre le mal, l'assaut du "château", ses dédales, sa prison, la princesse, les actes héroïques…), dans le déroulement à volets d'une histoire qui en mélange beaucoup, qui fait vibrer, rire, peur ; un mélange propre, donc, à tous les genres cinématographiques et à la vie elle-même, mais avec un petit plus : l'histoire est improbable, imaginaire, fantaisiste et, donc, divinement excitante et envoûtante. Toute la magie du 7ème art est là. Le film rallie également les suffrages des techniciens, à la vue d'effets stupéfiants (la bataille finale n'a pas trouvé d'équivalent au niveau "excitomètre"), de maquillages qui ont juste pris quelques rides mais nous font rappeler (la scène du bar) que l'on aime à imaginer l'apparence des E .T., avec des formes étranges, exotiques, kitschs. Et puis ces soldats tout de blanc vétus ne possède-t-il pas le plus beau charisme jamais vu sur un écran (Si ! et en plus c'est un beau pied-de-nez au manichéisme infantile, n'est-ce pas...) ? N'a-t-on pas envie de voir ce qui se cache derrière (ne parlons pas de Darth Vador) ? Les créatures mues par ordinateur, même si elles respirent un peu les calculs infographiques, ne donnent-elles pas à la ville une allure inédite, folle ? Les vaisseaux ne laissent-ils pas béats, surtout lorsqu'on sait qu'ils me rappellent tant de souvenirs d'enfant ? Enfin un salut bien bas à l'artiste John Dykstra qui a fait de ce film une œuvre d'action encore jamais égalée grâce à sa Dykstraflex. Lucas joue plus les peintres que les réalisateurs de cinéma, on a tendance à l'oublier derrière cette inventivité scénaristique et toutes ces trouvailles (une trop forte présence ne nuirait-elle pas à l'ensemble ?), mais il sait porter son film agréablement, à bout de bras, le fait vivre, bouger, le compose de A à Z. Même les acteurs, qui n'était rien, à part Cushing, nous font croire en leur personnage. Ford écrase même un peu ses complices, son rôle l'exige.
Bref, un chef-d'œuvre dont on est pas près d'oublier les labyrinthiques et dangereux couloirs de l'Etoile Noire (tellement évocateur du mystère…), les monstres multiples, les combats allucinants, les planètes fabuleuses, les combats fascinants. Un film mythique et complexe (les liens de parentés qui viennent embrouillés les personnages) qui nous plonge dans l'univers et l'excitation infantile, nous donne envie de crever l'écran pour combattre aux cotés de Skywalker, de vivre dans cette partie de l'univers, loin, très loin d'ici.