La
guerre des étoiles |
(19-20) |
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Lucas a rendu son film universel et c'est de là qu'il en tire
toute sa puissance. Il réuni tous les suffrages : ceux des historiens-politiques,
en préfigurant les guerres passées, présentes et
à venir, en décorticant leur processus mais en en retirant
que l'aspect héroïque, c'est-à-dire l'action et le
suspense (on reparlera de cet aspect naïf du film). Les suffrages
des intellectuels pour à peu près les mêmes raisons,
en y ajoutant l'aspect psychologique, dépassement de soi-même
et tentation du mal (développé dans le 2nd volet). Les
suffrages des cinéphiles qui y trouve tous les ingrédients
du grand film dans sa trame dramatique et dans cet hommage aux vieux
films de cape et d'épée (la musique, le bien contre le
mal, l'assaut du "château", ses dédales, sa prison,
la princesse, les actes héroïques
), dans le déroulement
à volets d'une histoire qui en mélange beaucoup, qui fait
vibrer, rire, peur ; un mélange propre, donc, à tous les
genres cinématographiques et à la vie elle-même,
mais avec un petit plus : l'histoire est improbable, imaginaire, fantaisiste
et, donc, divinement excitante et envoûtante. Toute la magie du
7ème art est là. Le film rallie également les suffrages
des techniciens, à la vue d'effets stupéfiants (la bataille
finale n'a pas trouvé d'équivalent au niveau "excitomètre"),
de maquillages qui ont juste pris quelques rides mais nous font rappeler
(la scène du bar) que l'on aime à imaginer l'apparence
des E .T., avec des formes étranges, exotiques, kitschs. Et puis
ces soldats tout de blanc vétus ne possède-t-il pas le
plus beau charisme jamais vu sur un écran (Si ! et en plus c'est
un beau pied-de-nez au manichéisme infantile, n'est-ce pas...)
? N'a-t-on pas envie de voir ce qui se cache derrière (ne parlons
pas de Darth Vador) ? Les créatures mues par ordinateur, même
si elles respirent un peu les calculs infographiques, ne donnent-elles
pas à la ville une allure inédite, folle ? Les vaisseaux
ne laissent-ils pas béats, surtout lorsqu'on sait qu'ils me rappellent
tant de souvenirs d'enfant ? Enfin un salut bien bas à l'artiste
John Dykstra qui a fait de ce film une uvre d'action encore jamais
égalée grâce à sa Dykstraflex. Lucas joue
plus les peintres que les réalisateurs de cinéma, on a
tendance à l'oublier derrière cette inventivité
scénaristique et toutes ces trouvailles (une trop forte présence
ne nuirait-elle pas à l'ensemble ?), mais il sait porter son
film agréablement, à bout de bras, le fait vivre, bouger,
le compose de A à Z. Même les acteurs, qui n'était
rien, à part Cushing, nous font croire en leur personnage. Ford
écrase même un peu ses complices, son rôle l'exige. |