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Rogue One : A star wars story

Gareth EDWARDS
(13-14)

Un Star wars qui n'est pas tout à fait un Star wars et qui, je pense, devrait avoir du mal à conquérir les puristes ; mais peut-être qu'un tout autre public se profile. J'ai simplement trouvé qu'il manquait une chose essentielle à ce film, pourtant situé dans la droite ligne chronologique des autres oeuvres de la saga galactique, une chose qui cimente les différents épisodes : l'émotion. Emotion entrainée par l'analogie aux mythes fondateurs (ici on s'en tiendra essentiellement à la guerre), par les relations étroites entre les personnages (assez froides dans ce segment, et peu développées) et l'importance capitale des divers liens familiaux (Cf. la paternité explorée sur la première moitié du film). Je ne dis pas qu'il n'y a pas de l'émotion dans Rogue One : mais celle-ci se situe à un autre niveau ; et je ne parle pas du final...
Car la fin de ce film, tout bon fan la connaissait déjà avant de l'aborder dans la mesure où les évènements narrés dans l'épisode 4 ne font aucun doute sur celle-ci. Alors oui : l'émotion existe, sur le papier, de façon même plutôt osée dans ce type de production. L'émotion est là quand, enfin, on voit sur l'écran les minutes qui ont précédé le tout début d'Un nouvel espoir, prémisses aussi floues que frustrantes à l'époque, et la savoureuse explication de son titre. Sauf que le film qui précéde cette fin en apothéose n'est pas à la hauteur, hésitant sans cesse entre classicisme et banalité.
C'est assurément un film de guerre, guerre galactique XXL qui rend un hommage vibrant à ces rebelles que l'on découvrait plus en tant que figurants que comme de grandioses héros dans les épisodes suivants ; film d'aventure où l'on va découvrir une toute nouvelle équipe. L'équipe, justement, parlons-en : car c'est sans aucun doute elle qui constitue la plus grande faiblesse du film, nous enmpêche d'y plonger sans arrière-pensées et de transcender notre émotion. Hors mis Jyn qui, très justement, prend toute la place dans la mesure où son passé dramatique permet au personnage d'exister pleinement à l'écran, les liens familiaux que j'évoquais au début permettant de toucher notre corde sensible ; hors mis Jyn, donc, les autres personnages font pâle figure. A peine entrapercevons-nous la brutalité de Cassian -version très fade d'un Han Solo-, alors que le personnage méritait un bien plus ample développement ; il restera un mystère total et il deviendra extrêmement difficile de s'y attacher un tant soit peu au vu de la distance qui est mise entre lui et le spectateur. Si ce n'est le lien qu'il offre avec la Force / religion, Chirrut restera un rien caricatural, partagé entre la puissance d'un personnage aveugle, illuminé sublime et un ninja totalement décalé dans cet univers. Baze restera un faire-valoir dont le mystère, l'absence de traits psychologique autre que la fidélité, empêche toute empathie... On espérait également de petits clins d'oeil habillement placés concernant Saw Guerrera, personnage connu et fascinant de l'univers Star wars : par exemple le rappel de son trauma (la mort de sa soeur) et de son extrêmisme, autre que par de vagues mots... Passons rapidement, car il s'agit moins de scénario que de FX, sur l'abominable marionnette numérique de Grand Moff Tarkin, trop approximative pour la laisser bavarder aussi longtemps (la surprise -si on peut l'appeller comme cela- finale est bien plus réussie).
Alors oui, je suis très négatif concernant les personnages, mais je tenais à dire que cela n'empêchera nullement le fan hard core de se régaler des nombreux clins d'oeil : de la ferme hydroponique à Vader, en passant par certains droïdes et quelques guest dont un que l'on retrouvera avec plaisir dans une certaine Cantina et dans un rôle similaire... Par contre je ne m'explique pas l'absence de l'amiral Ackbar... Et puis oui : K-2SO est une complète réussite, tant sur le plan visuel que sur le plan "humain".
Rogue One reste un film de guerre spatiale de toute beauté, efficace s'il en est et mené tambour-battant, bel hommage aux diverses formes de résistances à travers l'histoire et face aux dictateurs de tout poils. G. Edwards nous livre un travail que l'on pourrait mettre exactement entre celui de Lucas (très pictural) et celui de Kershner (plus mouvementé). Il offre également et visuellement une parfaite transition avec le reste de la saga (les vaisseaux genre "Tantive IV", les troopers de plus en plus immaculés...). Cependant il n'en reste pas moins assez basique dans sa trame : gropuscules de résistants rebelles aux ordres, mission-suicide et quelques facilités scénaristiques un peu trop bienvenues (une trappe qui s'ouvre à bon escient, des personnages qui reviennent au bon moment, des objets qui se trouvent au bon endroit...etc). Ca manque d'un scénario plus technique, plus alambiqué, rebondissant, au suspens mieux maîtrisé afin de mieux nous enchanter et même nous surprendre , je le répète : quel fan n'imaginait pas le film s'achever ainsi ? Malgré cette bataille titanesque et hautement plaisante, ce final des plus beau et, je le répète, à contre-courant, ce lien parfait, vibrant et fantasmatique avec l'épisode suivant, le scénario manque de profondeur, de tripes, de puissance et même d'un peu plus de mysticisme.
Je comprends l'ambition de la production : ne pas refaire un Star wars, façon "film de Jedi", intention aussi logique que louable, mais le film proposé n'est pas aussi solide que le reste de la saga. Et il se pose sur un principe que j'ai eu beaucoup de mal à ne pas trouvé vaseux : les raisons de la collaboration de Galen Erso avec l'Empire... Mais ça n'engage que moi. Comparativement parlant je n'ai pas retrouvé la complexité référentielle issue du nouveau mythe qu'est devenu Star wars, mythe dont on n'a pas encore exploré toutes les facettes près de 40 ans après. Ici seule la mythologie guerrière est exposée, classiquement, avec ses thèmes attendus (héroïsme, courage, abnégation...etc). Fortement déçu.


 

La critique des internautes
 
Je vais le dire clairement, je ne suis pas spécialement fan de l'univers Star Wars ; même si je suis tout de même (ne pas le voir ne m'aurait pas déranger, mais bon l'occasion s'est faite et voilà). Pour cette semaine, c'est évidemment le film de la semaine même du Mois et de l'année! L'opus le spectaculaire de la saga mais qui (et cela n'était pas mince à faire) arrive a "égaler" L'empire contre-attaque au niveau de la dramaturgie (selon mon avis). La BA, ne nous faisait pas dans la demi-mesure... Bah , le film non plus. A la fois sombre, complexe et même spectaculaire. On tape dans du lourd! Mettant à peine remis de "Premier Contact" qui rénove la SF sans hésitation et majestueusement. LE récit initiatique est évidemment là. Tout comme le space opéra et l'épopée que j'ai trouvé (enfin c'est mon avis perso, qu'elle était un peu plus "profonde"). Annonçant, limite comme une renaissance de cette saga qui a traversé le monde entier et fait des fans absolus sans conteste. LE réalisateur traite son sujet, comme il l'avait pour "Godzilla" ou encore "Monster" en 2010. Donc comme un film de guerre sale, mais galvanisant en même temps. Juste en appliquant son style guérilla dans les décors crasseux que l'on peut imaginer... C'est comme s'il révolutionné cela! Les fans seront sans doute content et agréablement surpris comme les amateurs si ils ont un peu suivis la saga (car comme elle est un peu entre 2, la tangente n'est pas la plus simple). Coté casting, le réalisateur a visé le 5 étoiles et cela se fait bien ressentir! (On comprend pourquoi George Lucas a aimé cet épisode sans mettre de réserve). L'équipée sauvage de ce commando suicide vaut largement le détour. Certes, on objectera que le film est un peu long à se mettre en place, mais la Force est là, indubitablement et l(on sait pertinemment qu'une fois qu'elle sera installer rien ne pourra l'arrêter!). Pour ma part le film est un entre deux. Ni un préquel , ni une suite préparant à une nouvelle trilogie mais un film à part entière, avec sa propre esthétique, digne, fier... Bref comme s'il s'agissait à notre époque d'un film de guerre n'ayant pas peur de se salir les mains... Et le pire, c'est que sans se retourner le cerveaux ; mais en le voyant simplement comme un film de SF. Le réalisateur offre un travail cohérent jusqu'au final ou un choc inattendu pas prévisible pour mon cas , vous mettra sur le cul ; mais vous redonnera espoir en la saga. (en me souvenant un peu de l'ancienne et de la future trilogie)."Premier Contact" renouveller la SF ; Rogue One en tant qu'excellent blockbuster apporte une vision neuve et plus sombre à la saga (donc certains ne le conviendront pas ; mais globablement je ne pense pas) de Georges Lucas ; qui reste la base^^. On va dire qu'il s'agit d'un spin off pour ne pas embrouiller tout le monde et de ce point de vue, c'est un film de guerre dense et dénué de tout cynisme ou tout les personnages superficiels sont compensé par une écriture puissante et implacable. Après rien n'est parfait, c'est sur ; et quelques irrégularités dans le rythme subsiste mais vite oublié... Et l'émotion nous arrachant l'empathie et l'émotion durant l'affrontement final particulièrement intense. On pourra dire que pour sa retraite dorée ; sa relève si elle continu dans ce sens là ; est complètement assurée. Après certains moments ou situations ont peut être étaient poussé (façon de parler trop loin) et à forcé la dose ; il va en ressortir des complètement fans et leur femme un peu plus émotive ;auront un petit JAzz Blues D'or^^


NOTE : 16/20

Benoit G.