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Matrix

Andy & Larry WACHOWSKI
(17-18)

Un événement : l’invention d’un nouveau code visuel appliqué aux combats et inspiré d’Hong Kong (arrèts sur images et caméra volatile, les ralentis forcés, la maitrise enfin totale de l’espace, l’anéantissement de l’apesenteur) et la crédibilisation de scènes époustouflantes par le biais du virtuel. Les frères Wachowski entrent dans la légende et prouvent que l’on peut scotcher un spectateur avec brillo et intelligence. Ajouté une photo quasi noir et blanc (matinée de couleurs pâle) et vous optenez l’emballage parfait. Ensuite, outre la narration empruntée aux jeux d’arcade, l’histoire avance aux grés des dialogues et grâce à un thème développé en profondeur (voit-on la réalité qui se cache derrière les apparences, les images ? Qu’elle est-elle ? Attention à ce que l’on nous impose –une image, des codes, une normalisation, la monotonie, le silence-, à ce qui passe pour officiel et irréfutable. En ce sens la fin est carrément révolutionnaire…) Si le thème peut paraître à la mode (cf. « Existenz » ou « Truman show ») il en ressort grandit car glauque, noir, déprimant, très philosophique. Le scénario est complexe à souhait, suffisamment pour préter à la réflexion longtemps après la vision du film (ramification, langage, monde duale, interaction). Quand à la violence… elle est parfaite. Certain on invoqué Dieu pour expliquer l’homme, d’autre le cinéma pour expliquer la violence : mais tous n’ont fait que contourner le problème. Dans les deux cas c’est niais.