Matrix |
(17-18) |
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Un événement : l’invention d’un
nouveau code visuel appliqué aux combats et inspiré d’Hong
Kong (arrèts sur images et caméra volatile, les ralentis
forcés, la maitrise enfin totale de l’espace, l’anéantissement
de l’apesenteur) et la crédibilisation de scènes époustouflantes
par le biais du virtuel. Les frères Wachowski entrent dans la légende
et prouvent que l’on peut scotcher un spectateur avec brillo et
intelligence. Ajouté une photo quasi noir et blanc (matinée
de couleurs pâle) et vous optenez l’emballage parfait. Ensuite,
outre la narration empruntée aux jeux d’arcade, l’histoire
avance aux grés des dialogues et grâce à un thème
développé en profondeur (voit-on la réalité
qui se cache derrière les apparences, les images ? Qu’elle
est-elle ? Attention à ce que l’on nous impose –une
image, des codes, une normalisation, la monotonie, le silence-, à
ce qui passe pour officiel et irréfutable. En ce sens la fin est
carrément révolutionnaire…) Si le thème peut
paraître à la mode (cf. « Existenz
» ou « Truman show »)
il en ressort grandit car glauque, noir, déprimant, très
philosophique. Le scénario est complexe à souhait, suffisamment
pour préter à la réflexion longtemps après
la vision du film (ramification, langage, monde duale, interaction). Quand
à la violence… elle est parfaite. Certain on invoqué
Dieu pour expliquer l’homme, d’autre le cinéma pour
expliquer la violence : mais tous n’ont fait que contourner le problème.
Dans les deux cas c’est niais. |