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ExistenZ

David CRONENBERG
(12)

Reconnaissons tout d’abord les qualités de la musique organique de Shore, la photo sâle, prisant les premiers plans et la réalisation emphatique. Ensuite il faut accepter d’être caressé à rebrousse-poil et de voir ce film plutôt 2 fois qu’une. Pourquoi ? Parce qu’au-delà des thèmes évidents (passons les allusions à la bio-éthique, aux nouveaux organismes et au réchauffement du climat) -ces jeux du futur où la technologie se fond à la biologie (gamepod animal, énergie humaine) de façon sexuelle et organique afin de créer l’osmose nécessaire au virtuel parfait, à une perte des repères totale dans la notion de « réel »-, au-delà de l’étude précise des mécanisme de jeu (les clés qui permettent d’accéder au niveau supérieur) il y a bel et bien un deuxième thème que l’on trouvera camouflé derrière ce que l’on pourrait croire être les défauts du film. Il semble y avoir peu d’émotion dans les dialogues ? Premièrement Cronenberg n’est pas le cinéaste de l’émotion mais de la chair, ensuite le film calque l’atmosphère des jeux (il en est un…) enclin à la froideur et à la gratuité (meurtres, implication seulement physique du joueur). Il n’y a rien qui ressemble à un jeu contemporain, rien d’accessible, de commercialisable, de beau, d’excitant ? Et le second thème est là : Cronenberg est tout à fait conscient de celà, de ces « défauts » anti-commerciaux (pour preuve la réplique de la minute 54) car la véritable question qui ressort du film est : le but de l’art est-il vraiment d’être aimé ? Non, répond clairement l’auteur car l’artiste se doit d'être égoïste et personnel pour rester authentique, il travaille d’abord pour lui ; il ne manufacture pas ces idées pour le public, c’est le public qui vient y puiser ou pas. Un pied-de-nez à Hollywood qui n’a qu’un seul défaut : son manque de subtilité dans la mise en forme du scénario.