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Reconnaissons tout d’abord les qualités
de la musique organique de Shore, la photo sâle, prisant les premiers
plans et la réalisation emphatique. Ensuite il faut accepter d’être
caressé à rebrousse-poil et de voir ce film plutôt
2 fois qu’une. Pourquoi ? Parce qu’au-delà des thèmes
évidents (passons les allusions à la bio-éthique,
aux nouveaux organismes et au réchauffement du climat) -ces jeux
du futur où la technologie se fond à la biologie (gamepod
animal, énergie humaine) de façon sexuelle et organique
afin de créer l’osmose nécessaire au virtuel parfait,
à une perte des repères totale dans la notion de «
réel »-, au-delà de l’étude précise
des mécanisme de jeu (les clés qui permettent d’accéder
au niveau supérieur) il y a bel et bien un deuxième thème
que l’on trouvera camouflé derrière ce que l’on
pourrait croire être les défauts du film. Il semble y avoir
peu d’émotion dans les dialogues ? Premièrement Cronenberg
n’est pas le cinéaste de l’émotion mais de la
chair, ensuite le film calque l’atmosphère des jeux (il en
est un…) enclin à la froideur et à la gratuité
(meurtres, implication seulement physique du joueur). Il n’y a rien
qui ressemble à un jeu contemporain, rien d’accessible, de
commercialisable, de beau, d’excitant ? Et le second thème
est là : Cronenberg est tout à fait conscient de celà,
de ces « défauts » anti-commerciaux (pour preuve la
réplique de la minute 54) car la véritable question qui
ressort du film est : le but de l’art est-il vraiment d’être
aimé ? Non, répond clairement l’auteur car l’artiste
se doit d'être égoïste et personnel pour rester authentique,
il travaille d’abord pour lui ; il ne manufacture pas ces idées
pour le public, c’est le public qui vient y puiser ou pas. Un pied-de-nez
à Hollywood qui n’a qu’un seul défaut : son
manque de subtilité dans la mise en forme du scénario. |