Halloween |
(13-14) |
|
Halloween 0. Michael a grandi dans une famille où
tout le monde gueule, s'injurie, dans une atmosphère de violence
sous-jacente, de non-travail ; c'est un enfant blessé dans son
fort intérieur, rabaissé, psychologiquement abandonné
et jamais valorisé ; il se cachait déjà sous un masque
pour ne pas être confronté à la réalité...
Une famille qui ressemble sans doute beaucoup à nombre d'entre
autres issues du prolétariat. Musique... Avec un casting de "gueules
de cinéma" (Dourif, McDowell ou Kier), Rob reprend le mythe
sans complaisance aucune, sans faire l'impasse sur l'enfance de Myers
: au contraire : cette partie est bien développée, l'enfant-tueur
est une bête, un monstre qui massacrera sa famille froidement, méthodiquement
et sans pitié aucune... ou presque ; l'innocence d'un bébé
encore non atteint par la société qui l'entoure et sans
doute encore "victime". Le réalisateur-scénariste
est plus cru que ses confrères, plus sexué, pas à
pas, pierre par pierre, il construit les fondements d'un mythe totalement
crédible et presque émouvant -en tous les cas rendu humain-
par delà sa folie meurtrière (on excuserait presque le meurtre
des violeurs...). Myers cherche seulement à détruire ce
qui l'a déjà détruit. Dommage que la seconde moitié
du film suit un certain rythme de croisière, bien que porté
à bout de bras par une réalisation au scalpel. Un film intense
et hystérique. Beaux clins d'oeil à Carpenter. |