L’interresant magazine Première (ni trop hollywoodien, ni trop auteurisant : seulement objectif) trouve le film banal et académique ; il ne suffit pas que le médiocre R. Gere arrive au milieu d’un film de procès en fin de mode pour tirer de telles conclusions assez peu objectives (tient ?) à mon gout (seul le mécanisme est en cause). Le tâcheron-nazillon Olivier Mongin trouve le film violent et amoral car celui-ci ne cherche pas à sortir de la violence (en clair : le méchant sauve sa peau… ce qui n’arrive jamais en réalité, les bons gagnent toujours. Enfin… chez Disney !). Et moi, pour ma part, j’ai passé un bon moment de cinéma. Non pas que le scénario bouleverse le genre ou que les 10 secondes de gore sur 2 h 30 me réjouissent mais plutôt grâce à ce personnage principal ambigu, avocat de la défense sans scrupule et que l’on aime à moitié, qui met à nu la profession ; grâce à son ex-, partie civile poussée par un politicien (le parquet se rapproche du pouvoir dans les société d'extrême-droite…) que l’on ne verra jamais dans ses bras. Grâce, surtout, au génialissime Ed Norton, parfait dans un rôle de schizo que l’on a bien du mal à définir. La justice est imparfaite car poussée par d’injustes mouvements (politiques, immoraux et personnels –le pognon, la soif du pouvoir-…) et si le mal triomphe dans nos sociétés soit-disant modernes c’est peut-être parce que le système ne fonctionne pas –ce que le film tend à démontrer (à trop vouloir soigner plutôt que punir, semble-t-il dire… à prendre en pitié des monstres inhumains sous prétextes humanistes de quelques sophistes imbéciles… à méditer).
Ne serait-ce que pour avoir osé soulever ces questions ambigues et dérangeantes dans la très conservatrice Hollywood, le film vaut bien plus qu’un simple coup d’œil : il ouvre sur un grave débat. De plus son intrigue ouvre la voie à des personnages-doubles comme on en verra plus tard dans le chef-d’œuvre de Fincher « Fight club » (avec Norton !), « Ouvre les yeux » ou « Sixième sens