Sixième
sens |
(17-18) |
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Une expérience digne des « Angel heart
» et « L’échelle de Jacob » dont le secret
réside essentiellement sur deux points : d’abord un réalasateur
aussi discret qu’efficace ; effets simples (point de gore contemplatif,
des plans séquences appropriés, une caméra qui traine,
nous emporte là où l’on ne veut pas aller) pour un
résultat stupéfiant (notre point de vue alterne à
bon escient, on est pris dans le récit, on s’implique émotionnellement,
notre imagination nous terrifie). Ensuite un scénario modèle,
une perle rare et qui nous bluffe intelligemment pour nous enrager : on
croit tout le temps suivre une intrigue alors qu’on se plante de
but ! Les passages d’un regard à l’autre, les effets
d’écriture malins (la dispute, les silences…), la justesse
du ton sur le plan psychologique, la dramaturgie suffisemment intense
pour que l’on se reçoive le final et l’intrigue véritable
en plein dans la tronche. Avec des ingrédients que l’on croiraient
rabachés, le réalisateur-scénariste parle à
notre intelligence en le utilisant différemmenent (la trame n’est
plus une excuse mais le moteur, le vecteur des émotions, le moteur
de l’histoire – l’horreur, la solitude vécut
par l’enfant est proprement terrifiante car aussi réaliste
que morbide). Si l’on ajoute de fabuleux acteurs et une photo mortuaire
on obtient un choc de scènes auusi éprouvantes que miraculeuses
et un film dont on sort boulversé tant il parle à chacun
de nous. |