Avis aux amateurs de critiques objectives : Ridley Scott a réalisé un très bon film. Car j’ai l’impression que nos critiques ont une vilaine manie : celle de descendre systématiquement toutes œuvres au méga-budget surtout si celui-ci a été réalisée par un « ancien » artiste (le « Dracula » de Coppola a bien écopé). Scott a pris part à une aventure hollywoodienne avec matracage publicitaire, avantage de distribution et reconnaissance officielle (mais qu’est devenu le film de John Glenn… raté par ailleurs). Et il a réalisé un bon film. Voilà. Mais pour les critiques et pour certains spectateurs le film est trop… américain (et Le Pen de sourire), alors que Scott est anglais et que l’on reconnaît sa griffe, celle de « Blade runner » notamment. ; le scénario est mauvais : tout d’abord le récit lui-même laisse évidemment place à l’imagination tant les détails sur celui-ci font défaut, l’aventure ayant été narré par le fils de Colomb. Ensuite je ne vois aucun défaut majeur dans sa construction, son agencement et son efficacité cinématographique (on parle de cinoche, là , hein ?), il est clair et intelligent et réussi le pari de nous intéresser alors que tout le monde connaît l’histoire par cœur. Que fallait-il faire ? Une thèse historique pompeuse et lourde ? Un exposé réalistico-théatral à la Rohmer ? Non, tous les détails sont là : fidélité à l’histoire, reconstitution indiscutablement réussi et internationalité du discours (production américano-française), mise au point sur certains aspect peu glorieux comme l’inquisition, la colonisation, la déculturisation, l’esclavagisme… Ce film n’est que le point de vue de son (ses) auteur, et il est bien amené. Les critiques ont fait le même raffut à propos de « J.F.K. » : quoiqu’on pense de la thèse, il est difficile de nier que l’on ne voit pas passer les trois heures de métrage et que ces qualités formelles son exceptionnelles. Le cinéma n’a pas pour finalité de nous apprendre la vie, la politique où l’histoire mieux que quiconque, il ne fait que véhiculer des idées qui prête ou non à discution ; et si discution il y a, c’est qu’un intérêt point son nez. Oui ce film ne mettra pas d’accord les millions de spectateurs qui assisterons à sa projection ; heureusement ! (ne serais-ce pas le propre des œuvres d’auteurs a contrario des films politiquement corrects made in Hollywood ?). Le cinéma est un art, pas un cours, un spectacle, pas une leçon.
Rappelons qu’un film n’est pas uniquement composé d’un scénario (il faut le dire aux français ! ! !), alors comment oublier la réalisation emphatique et totalement maitrisée du maitre es ? Les plans soignés dans les moindres détails ? Comment oublier que l’argent dépensé dans ce film est présent dans chaque centimètre d’écran ? Et Depardieu, il est pas bon peut-être ? Et Vangelis, il ne nous transporte pas ?