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Shining

Stanley KUBRICK
(19-20)

Tout d’abord je crois qu’il est clair que si Kubrick s’est servi du roman de King uniquement en tant que matière première (déjà bien évocatrice) c’est tout à son honneur. Et puis Kubrick a su en retiré quelques chose de plus profond, restant maitre et seul maitre de son sujet : c’est SA vision. La réussite du scénario, sa subtilité dans la description des personnages et de la folie, les séquences oniriques, l’épouvante, en incombe pour une grande part au Maitre. Crédibilité des images, peur à haute dose d’adrénaline, ambiance glauque et terrifiante… tout est agencé au millimètre près afin d’hypnotiser le spactateur, le libérer de son incrédulité naturelle et le prendre à la gorge. Une réussite incontestable. Secondo, l’histoire tient la route parce que Kubrick a su la magnifier par ses images et son habileté à rendre un récit aussi vivant. Inoubliable transition entre le labyrinthe et sa maquette, inoubliable gosse sur son tricycle déboulant dans des couloirs vides et interminables, inoubliable poursuite finale, inoubliable image du flot de sang vomit par l’ascenseur. Une utilisation de la steadycam qui fera de nombreux émules et d’où découle une maitrise de l’espace totale et réappropriée pour un film de genre qui ne ressemble à aucun autre. Enfin, n’oublions pas quand même cet acteur homérique qu’est Nicholson : qui d’autre aurait pu nous donner une interprétation de la folie aussi vivace et hallucinée ? Après avoir vu « Simetierre » on se demande pourquoi il existe tant de mauvaise adaptation de King.