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Miss Peregrine et les enfants particuliers
Budget = 110 M$
BOX OFFICE France = 1 660 / 125 886 - 755 000 - 2 710 000 entrées
BOX OFFICE USA = 28,9 / 87,2 M$
BOX OFFICE Monde = 295,1 M$
 

Ce film pourra sans mal être vu comme la réponse de T. Burton à un D. Trump, même si tel n'était pas le propos : car cet artiste unique en son genre a choisi de dépasser son univers et réalise sans doute son film le plus politisé. Sur le fond, le récit des juifs polonais -et donc du ghetto de Varsovie- n'est pas ici pour mettre un peu de couleur historique à l'oeuvre : et partant de ce cas aussi emblématique que particulier, le scénario va le transformer en une autre particularité qui, par le biais de la fantaisie, deviendra alors généralité. Un groupe de personnes est isolé à cause de sa différence, de critères ne répondant pas à ceux d'une majorité, un groupe vivant isolé dans leur communauté : le manoir devenant le ghetto de ces enfants. N'oublions pas que la famille du film est juive, tout comme nombre de noms / prénoms des protagonistes. Il n'en faut pas plus à l'histoire pour devenir un message à la fois de tolérance, priant à notre bon souvenir alors que les démons populistes se réveillent, une ôde à la différence et même à la curiosité, thème qui traverse le film de part en part, depuis ce père qui pense que tout a été découvert, jusqu'à la gamine n'osant dévoiler sa "bouche" en passant par la référence à Emerson. Burton s'est emparé de ces thématiques pour en faire un film qui lui est propre, et les références ne se comptent plus : E. Purnell (Emma) dont les grands yeux nous rappellent ceux de H. B. Carter (7 films avec Burton) et une obsession burtonienne (voir Big eyes) ; la création des poupées nous renvoyant à ses 2 premiers courts-métrages, autant dans l'animation que dans la thématique (donc forcément à Frankenweenie et à un autre délire de l'auteur : le monstre de Frankenstein), bien aidé d'un clin d'oeil appuyé à Edward (les outils en lieu et place des mains) ; les monstres recevant même l'héritage direct de Beetlejuice. Tim se permet même une apparition hitchcockienne. Entre une poésie énigmatique et une violence, une noirceur propre à l'auteur, l'oeuvre s'inscrit donc dans la continuité de la filmo de l'artiste mais ne s'y arrête pas : musique puissante, lumière particulière, effets bien orchestrés (hommage aux Argonautes), décors grandioses...etc.
Et la force de cette oeuvre réside définitivement dans son scénario : j'ai même trouvé que Burton restait un peu en retrait dans nombre de scènes, presque en perte d'inspiration... Car le film, comme je l'ai déjà évoqué, n'est pas une espèce de X-men avec des enfants aux pouvoirs considérables, même si les films se rejoignent dans leur thématique, Burton ne cède pas à la mode des super-héros (d'ailleurs c'est lui qui a lancé cette mode !) : ces pouvoirs ne sont pas des armes mais le deviendront par la force des choses. Le scénario est fin et multiple, les intrigues rebondissant régulièrement et nous entraînant sans peine dans la suite de l'histoire : les enfants qui ne sont pas morts, le héros qui est plus particulier qu'il ne le croit, les boucles temporelles qui donnent un vrai piment au récit, les méchants qui permettent à l'oeuvre de ne pas sombrer dans le manichéisme ; car ces mauvaises personnes sont tout aussi particulières, leur leader n'ayant nul besoin de raison pour se faire, seulement des excuses (une radicalisation ?). C'est exactement là que tous les extrêmismes trouvent leur force. Une nouvelle pièce maîtresse dans la filmographie du maître.

NOTE : 15-16 / 20

La critique des internautes
 

Miss Peregrine et les enfants particuliers est le nouveau film de Tim Burton. A la mort de son grand père, Jake va découvrir l'existence d'un monde secret et d'un lieu magique :la maison de Miss Peregrine et les pouvoirs étranges des enfants qui l'habitent. Bientôt tous ces protagonistes devront faire face à de puissants ennemis :les sepulcreux. Tim Burton renoue avec son univers visuel si unique dans ce film au scénario efficace et à la photographie sombre.Le scénario et l'intrigue sont efficaces avec des rebondissements et des trouvailles bien amenées (on pense au boucles temporelles et à la même journée qui se répète sans cesse ).Cependant la première heure de film paraît un peu longue et les personnages ne sont pas suffisamment approfondis hormis celui de Eva Green sublime en Miss Peregrine.Le casting est principalement composé d'adolescents dont Asa Butterfield convaincant en Jake et qui aura de plus en plus dimportance au fil du film et Samuel Jackson(Baron) dont l'apparition à l'écran n'arrive que sur le tard. Miss Peregrine est un divertissement original (les divers pouvoirs des enfants ) qui contient une allusion à la persécution des enfants juifs durant la seconde guerre mondiale et qui souffre toutefois de quelques longueurs et raccourcis scénaristiques.

NOTE : 14/20

J. Meyer