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Frankenweenie
Détails du film sur InCiné

Tim BURTON
(15-16)

Etrangement, en cette année 2012, le grand T. Burton nous a offert deux films : le médiocre et pesant Dark shadows -qui a dépassé le million de spectateurs adultes en France- et ce génial Frankenweenie, n'ayant même pas atteint les 600 000 enfants ; pourtant ce film est amplement familial (au minimum de 8 à 39 ans !) et aurait mérité un peu moins d'a priori de la part des parents... C'est tout d'abord une parfaite extension du généralissime court-métrage d'origine (voir Frankenweenie), une façon tout à fait cohérente d'en prolonger l'univers. Et Tim Burton de se replonger dans son enfance -et nous avec !- dès la première scène : un gosse un peu rêveur qui montre à ses parents le film qu'il a fait avec des bouts de ficelles, un hommage aux kaijû nippons façon Godzilla, dans un monde qui a l'allure des Golden years américaines (Tim est né en 1958 et il ne faudra pas s'offusquer du rôle de la maitresse de maison...). Et puis ensuite c'est "Bienvenue à Macabre City" : tout l'univers sombre de Burton, magnifié par un somptueux noir et blanc "hammerien" se déroule devant nos yeux épatés malgré l'habitude ; des enfants qui pourraient effrayer toute la populace des Monster High (mention spéciale au bossu et à la fille étrange), une réalisation inspirée et gothique (les plongées / contre plongées, les plans de biais, le travail sur les ombres...) et des hommages quasi obsessionnels tout au long du film, avec un fil d'Arianne très précis, celui de l'hommage à Frankenstein. Mais pas n'importe quel monstre de Frankenstein : Burton vise très clairement et très visuellement celui de J. Whale, avec ce somptueux clin d'oeil à son chef-d'oeuvre (le caniche ayant la coiffe de La fiancée de Frankenstein). D'ailleurs ne cherchez pas plus longtemps pourquoi l'action se déroule en Nouvelle Hollande : c'était la seule façon crédible de faire apparaitre un moulin aux USA afin de créer ce final absolument incontournable. Parmi les autres clins d'oeil nous aurons reconnu Dracula avec C. Lee (celui de 1958... tient donc !), Gamera, Mary "Shelley", Van Helsing, L'étrange créature du lac Noir / les Gremlins, un loup-garou (un chat-souris plutôt) et Vincent Price (Mr Rzykruski, doublé en V.O. par M. Landau !). Cette oeuvre est également un pur fantasme de fan, un vibrant hommage thématique à tous les savants fous du 7ème art, ceux qui croient -pauvres fous !- qu'ils sont supérieurs à Dieu et en font les frais ; en ce sens le final est somme toute logique (je le qualifiais de "disneyienne" pour le court métrage...) : la science prend le pas sur la nature et pour une fois, cinématographiquement, les savants sortent vainqueurs du métrage... Et puis c'est l'occasion pour nos chérubins de parler de la mort, l'appréhender, notamment celle de leurs animaux familiers. Voici donc un petit délire des plus abouti, intelligent, cinéphilique, magnifié par la musique d'un D. Elfman complètement inspiré.