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Incassable

M. Night SHYAMALAN
(12)

Notre première déception est due à l’inévitable comparaison avec le « Sixième sens ». La seconde est entièrement due à l’écriture cafouilleuse, grossière, pleines d’heureuses coïncidences qui font avancer le film et de scènes sur lesquelles on parvient à anticiper. La troisième déception tient au concept : même après le final on a du mal à comprendre pourquoi ce film a été fait ; c’est une œuvre fantastico-réaliste qui s’évade dans des thèses franchement fantaisistes. En fait c’est un film d’aspect grand public qui développe une thèse universitaire ( les représentations et rôles respectifs du bien et du mal dans l’art pictural) ; il n’y a rien d’hollywoodien dans le placement de la caméra (cf. la première scène en faux plan-séquence cachée derrière un siège), le sujet et l’intrigue. Un avantage qui, couplé à la photo (grisâtre et piquée) et à la réalisation intense et pure, ne donne pas le meilleur de ce que le film aurait pu être.