Harry
Potter et la coupe de feu |
(15-16) |
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Harry Potter 4 amorce un tournant dans la série.
Souligné plus explicitement par la nouvelle composition musicale,
toujours impeccable, le monde des sorciers devient plus sombre, les intrigues
secondaires s'effacent et, paradoxalement, le film n'en est pas forcément
meilleur... Pourquoi ? Même si on oublie les débuts classiques
des 3 autres épisodes (dans la famille d'Harry, un rien comique)
et que l'on entre directement dans le vif du sujet, de façon beaucoup
plus dramatique, plus psychologique, plus centrée sur les origines
de héros, plus sombre, plus axé sur la maturité sexuel
des protagonistes (même Agrid !), l'intrigue qui noue le corps du
récit reste fade : on sait très bien qui gagnera le tournoi.
Bien qu'on reconnaisse toutes les caractéristiques de l'univers
HP (humour bon enfant, légendes réactualisées -les
dragons, les sirènes, les démons-), même si son lot
de nouvelles recrues fait bonne figure, s'impliquant dans le récit
(moins la journaliste que le nouveau prof), Steve Kloves, le scénariste,
à du mal à s'en sortir avec ses livres de plus en plus épais,
il fait l'effort louable de joindre les bouts, de ne rien oublier d'essentiel,
de ne pas bâcler ses scènes et de faire passer l'émotion
qui doit être dans le livre (je ne l'ai pas lu !), mais tout n'est
pas parfait : les scènes sentent un peu le résumé,
elles vont à l'essentiel, s'enchainent bien autour d'un fil rouge
mais manque d'un je-ne-sais-quoi, d'une émotion (la mort), d'une
force (le combat final) que l'on a du mal à trouver sans se forcer,
sans imaginer de quoi il en retourne et, quelque part, sans sortir un
peu du film. Rien de grave puisque cet épisode va à 100
à l'heure, les effets spéciaux sont très soignés,
comme d'habitude, l'univers est toujours aussi évocateur, l'histoire
excitante et l'on suit sans peine, même si tout n'est pas dit, tout
ne passe pas. C'est un condensé, mais excellent condensé,
avec son lot de grandes scènes. Ne faudrait-il pas rallonger un
peu le métrage ? |