Hannibal |
(17-18) |
|
L’artiste-cuisinier-cannibale est de retour dans
un film sadique, cruel et terriblement raffiné ; un film dur, très
dur. Aux manettes, R. Scott, voluptueux à souhait et donc dérangeant,
qui sait placer sa caméra aux bons endroits pour créer une
atmosphère implicite, la faire bouger comme personne, là
où Demme était plus précis,
plus technique et plus centré sur Clarisse. Mais le film doit également
beaucoup à la photo, aux tonalités subtiles s’adaptant
à merveille au ton de chaque scène, ainsi qu’au décidément
génial Zimmer qui fait ici un travail en profondeur et reste aussi
omniprésent qu’Hannibal semble l’être. Un parfait
assemblage pour un film d'atmosphère. Le scénario, enfin,
nous met face à notre fascination naturelle pour le mal, ici à
l’état le plus ignoble (Hopkins est aussi délicieux
que réellement terrifiant dans sa sobriété…),
pour l'horreur (représentée brillamment par le personnage
de Oldman), il va même très loin au fur et à mesure
que l’étau se reserre autour de Clarisse et Hannibal, tout
en restant profondément psychologique (« Le
silence… » traitait du rapport entre ces deux personnages),
et nous amène magnifiquement au concentré d’horreur
insoutenable qu’est la dernière scène (celle du repas
et/ou celle de l’enfant…), profondément chocante et
lourde de sens (Hannibal se « sert » des autres pour les autodétruire…
pas seulement physiquement). Florence est à jamais cinématographiquement
défigurée. |