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Cosmopolis
Détails du film sur InCiné

David CRONENBERG
(12)

A la fois métaphore d'un capitalisme déclinant (vraiment ?) et très au goût du jour (la bulle capitalistique qui est représentée par la riche limo), divagations intellectuello-futuristico-érotiques qui tournent autour de son -ses- sujets sans y mordre vraiment dedans, long poème existentiello-financier qu'il ne faut peut-être ne pas trop décortiquer au risque d'être déçu ? Ce film épouse parfaitement les formes d'un livre, tout en chapitres de confrontations verbales entre les divers personnages, il recrèe un monde au bord du chaos, une grande ville de souffrance, une société malade et un microcosme au bord de l'implosion où la réflexion est aussi importante que le futile (la coiffure parfaite du héros). Une virée nocturne dérisoire et belle. De prime abord la fascination dépasse l'ennui, en tous les cas pour qui l'économie est au centre du monde, puisque la réalisation typiquement froide, implacable et calculatrice de Cronenberg emporte immédiatement notre adhésion, puisque l'on retrouve le réalisateur après ses errances réalistes (A dangerous method) ; ça fini par ressembler à du Crash sans la même perversité, à du Exiztenz sans véritable concept fort, solide et non vaporeux, qui aurait permis de lier le tout, à du Festin nu sans une totale folie visuelle. Faute de but sensible autre que la fin du monde capitaliste et la recherche d'un coiffeur, on se laisse aller à la nonchalance du héros, un héros fascinant mais dont la froideur tend à déteindre sur nous ; froid, impulsif, paranoïaque. Robert Pattinson y est bluffant, la musique d'H. Shore superbement glaçante, les couleurs du film charnelles et maladives. Une oeuvre qui semble aimer se faire détester puisque fumeux et, quelque part, un rien inutile ; une branlette intellectuelle à l'âme torturée qu'il faudrait voir et revoir afin d'en comprendre toutes les finesses au-delà de son aspect viscéral. Mais tellement belle. La scène finale avec P. Giamatti est aussi superbe que symptomatique. Difficile d'être insensible face à l'oeuvre de ce réalisateur : il exerce sur moi la même facsination que celle d'un insecte nocturne face à la lumière.