Un
monstre à Paris |
(13-14) |
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Quand "Bibo" revient dans sa patrie d'origine
il insuffle à son oeuvre les leçons techniques qu'il a reçu
aux USA (qualités graphiques et design a priori passe-partout)
et digère le tout pour en faire un film original et propre à
lui (beaucoup de style et une réelle liberté d'expression
visuelle) ! C'est tout d'abord d'une immense et même intense beauté
picturale, une somptueuse reconstitution qui ne lésine pas sur
les détails et les décors afin d'imerger le spectateur dans
ce Paris du début du 20ème siècle ; la réalisation
est métronomique et l'ambiance assurée. Et puis il y a un
vibrant hommage au cinéma fantastique, des allusions à Méliès
et à nombre de films de genre, ces séries B où il
y avait toujours un savant fou pour créer un monstre sans le vouloir
(avec la subtilité que le savant n'y est presque pour rien), une
idée simple mais poussée à bout afin d'être
rudement efficace : entre les B-movies des années 50, Meurtres
de la rue Morgue, la Belle et la bête et surtout le Fantôme
de l'opéra (sa tenue vestimentaire, ses chansons). Cette fois le
réalisateur / scénariste a compris que l'intéret
des chansons ne réside pas dans les chansons elle-mêmes mais
dans la façon dont elles servent le récit - de plus ce sont
de magnifiques lyriques loin des chansonnettes pour enfants que l'on a
coutume d'entendre dans ce type de cartoon. Le scénario dans son
mélange des influences est complexe, et le nombre de personnages
qui le traverse m'en est témoin, des personnages bien intégrés
qui interragissent à merveille et sortent un peu des schémas
classique (les 2 love stories, le monstre gentil, les humains avides).
Un mélange savoureux, exquis, bourré de clins d'oeil séduisants
et fins, un humour délicat et une fin joliment classique, au sens
noble du terme, un film pour se faire gentillement peur. En tout les cas
bien meilleur que la plupart des cartoons des ténors américains
sortis sur nos écrans cette année : Rio, Kung fu panda 2,
Le chat potté..etc |