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L'échelle de Jacob

Adrian LYNE
(19-20)

Non je n’ai plus de mots pour décrire la plus grande réussite et le plus méconnu des films de son auteur. Il faut le voir, un point c’est tout. Mais je vous préviens : le cauchemar auquel vous allez assister n’est pas celui de Jacob… c’est le vôtre ! En tous les cas c’est l’une des œuvres métaphysiques et oniriques les plus surprenantes et les plus intelligentes jamais réalisées. Tout, ou presque, y est dû à cet enchevêtrement scénaristique -qui tient du miracle !- de trois pures récits qui touchent à tous les domaines : religieux (la mort), social (la guerre, mais une tout autre vision que celle proposée habituellement –la réinsertion des anciens du Vietnam-, la drogue), politique (la manipulation) et familial. Le spectateur ne sachant plus laquelle des existences vécut par Jacob est la vraie -toutes étant de parfaits et d’intenses cauchemars aux séquences inoubliables- se demandant quel est donc ce secret qu’on lui cache et qui pourrait être la clé de tout. Trois histoires qui s'enchevêtrent (Viet-Nam, vie maritale, vie après le divorce), nous torturent sublimement l'esprit, s'amusent de notre désarroi dans cette oeuvre dense et vraiment traumatisante où le héros et nous-même nous enfonçons petit à petit. Robbins est bien plus qu’un acteur, il vit son rôle et nous permet de croire et de nous laisser happer par cette vie qui est la sienne. M. Jarre est à la pointe de son talent, la bande son est à l’avenant, elle extraie un univers musical que l’on espérait n’être que des sons imaginaires ; mélancolique. Réaliste et surréaliste à la fois, le film pose la question de la mort, du néant et de la peur que tous deux inspirent ; troublant, envoûtant, parfait même après de multiples visions, voici l’un des 15 meilleurs films de tous les temps. Comme une longue introspection, une analyse psychologique où le cerveau traumatisé d'un blessé de guerre tente de faire la paix avec lui-même, par une mise en abîme, au travers d'un scénario à tiroirs, brillant d'intelligence. La plus saisissante vision ciné du "purgatoire" et un final attendu mais qui vous prend aux tripes. Lynn nous propose une réalisation immersive, chirurgicale, audacieuse qui nous même par le bout du nez et ne nous lâchera jamais. A voir ABSOLUMENT. Ce film aura toujours une véritable emprise sur vous, même après de multiples visions...

 

La critique des internautes
 


Véritable Ovni dans la filmographie d’Adrian Lyne , “L’Echelle de Jacob” est une surprenante réussite mais est aussi et malheureusement son seul revers commercial , un cinéaste cantonné habituellement aux Thrillers sulfureux vaguement polémiques et peu intéressants en soi qui réussit ici un thriller fantastique paranoïaque et cauchemardesque.
L’histoire d’un ancien du Viet-Nam hanté par des visions récurrentes qui s’apparenteraient à un simple cauchemar si elles n’étaient pas aussi régulières, des visions d’un jour précis au Viet-Nam , de son plus jeune fils décédé il y quelques années et de personnes et créatures cherchant sa mort. Le film commence comme un thriller paranoïaque prenant et vire peu à peu au cauchemar au fur et à mesure de la tombée des révélations jusqu’à un dénouement qui laisse le spectateur avec plusieurs possibilités d’interprétations possibles quand au sens du film , un film qui prend ainsi avec brio la tournure d’une œuvre labyrinthique complexe et intelligente. Pour cela le film peu s’appuyer sur une mise en scène sobre parfaitement dosée , qui crée une atmosphère oppressante avec un travail d’éclairage d’une grande maitrise et un découpage finement pensé , l’ambiance de cauchemar fonctionne totalement , la musique va de pair avec la mise en scène.
Enfin le jeu de Tim Robbins est on ne peut plus crédible , l’acteur est comme habité par son personnage , et nous fait vivre ses souffrances.
Très bien réalisé et un scénario très riche « L’Echelle de Jacob » constitue un excellent film , dommage que son réalisateur n’ai pas retenté l’expérience par la suite car ce film reste de loin son meilleur.


NOTE : 16,5/20

UNKUT