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Le roi lion
Budget = 260 M$
BOX OFFICE France = 5 846 / 630 478 - 3 253 000 - (9 752 000) entrées
BOX OFFICE USA = 191,8 / (543,5) M$
BOX OFFICE Monde = (1 655,2) M$
 

(Texte écrit pour beaucoup quelques heures avant la vision du film...)
Quelle analyse dois-je faire de ce film ? La même que j'ai pu écrire à l'époque de la sortie du remake, plan pour plan, de Psychose ? Non, quand même pas... Dois-je vraiment réécrire, presque mot pour mot (puisque le film s'applique à suivre religieusement son modèle) mon analyse de 1994 ?? Pourquoi pas : et ainsi donner à Disney l'équivalent critique de leur projet. Sans plus d'ambition. Un simple réajustement technologique et une révision de ma note en fonction de l'ampleur du projet... Triste. Et d'ailleurs que doit-on penser d'une œuvre dont on peut écrire la critique avant même de l'avoir vu !?!?
Pourtant on ne peut parler de ce Roi lion 2019 sans évoquer le projet global en lui-même : projet d'un intérêt, soyons honnête, pour le moins discutable à la base. D'un intérêt artistique partiel et purement visuel, simple argument technologique, vitrine technique sans fond, sans vision, sans originalité et sans âme qui se transforme en un simple moment de nostalgie pour ce qui ne reste pas - à mon humble avis- le meilleur film de la firme aux grandes oreilles (je parle de l'original). A quoi bon voir ce film si ce n'est pour mesurer les avancer des CGI ?
Deux autres questions inhérentes à ces interrogations se posent alors : pourquoi est-ce que Disney n'a pas initié une ressortie du film originel, en version 4K où je ne sais quoi ? Les résultats corrects mais guère suffisants de la version 3D de 2011 n'étant pas en adéquation avec l'appétit toujours grandissant de Disney me parait être une réponse plausible.
Seconde question : Pourquoi ne pas avoir tout "simplement" développé un projet 100% original pour supporter l'apport de cette nouvelle technologie ? Le silence de Disney sur le budget du film laisse imaginer que le coût de développement d'un tel projet était trop élevé. Comprendre : pas assez rentable... D'où l'idée, sans doute, de se servir du film originel comme d'un storyboard, d'un vulgaire layout 2D ??
A la vue des sorties 2019 de la firme (8 films sur 10 ne sont des suites et remakes ; comme l'an passé d'ailleurs...) Disney est-il en train de détruire son propre patrimoine ? Pire : le conglomérat est-il en train de créer des générations de fans allergiques à la nouveauté, à même de les suivre dans leur entreprise de recyclage aussi éternelle qu'apparamment très lucrative, tirant par le bas les exigences artistiques de toute une génération afin de mieux vendre de futures productions à moindre coût ?? Et comme le dit la nouvelle -et mauvaise- chanson du film : "revenir à un passé glorieux" (ou quelque chose de la sorte)... Sic !
Une dernière chose qui me tient à coeur : l'hippocrisie de ce film saute aux yeux lorsqu'on connaît l'histoire caché du Roi lion. Après avoir recyclé sans droit Le roi Léo (anime japonaise plus adulte), il le re-recycle sans gêne ni même un simple hommage. De même le générique final aurait pu au moins réparer nominativement une ignoble erreur passée : lorsque les actionnaires Disney avait viré le président de la firme, J. Katzenberg ; en remerciement pour avoir contribué à l'un de leur plus gros succès...
Revenons-en au film en lui-même. Serait-ce trop exigeant de demander aux pontes de Disney, ceux qui commandent ces remakes live, de nous proposer des relectures , façon Dumbo, d'enbaucher de vrais auteurs qui pilotent ces projets, se les approprient et osent -pourquoi pas- critiquer la main qui le nourrit ??? Est-ce trop exigeant d'exiger de nous pondre des films modernes osant gommer les aspects devenus poussiéreux d'une oeuvre sortie il y a plusieurs décennies. J'aurais souhaité un Roi lion moins réactionnaire, qui, plutôt que de voir Simba réintégrer une société royale se réapproprie les leçons insurrectionnelles des "anarchistes" Timon et Pumbaa. Une oeuvre moins machiste où la reine réclame enfin son dû face à Scar. Un roi lion qui embrasse enfin la porte écolo entrouverte par l'original et développe pour de bon les thèmatiques de la surconsommation (dans cette version les animaux n'ont plus aussi faim...) et le massacre de notre planète (encore en simple arrière-plan ici) ? Cela aurait été tellement mieux que ce jeu des 7 différences grandeur cinéma.
Ce nouveau Roi lion n'est cependant pas un navet, ce serait cracher sur d'indéniables et intrinsèques qualités. Je lui accorderai donc 3-4 compétences :
Celle de poser subrepticement et inconsciemment la question "Ou commence l'art ?". Questionnement auquel je laisserai à chacun le soin de répondre... Repeindre "La Joconde" ou "Les Demoiselles d'Avignon"...
Je lui accorderai la beauté et la quasi perfection (un seul plan a été tourné en live, en Afrique !) de ces images infographiques : extrêmement impressionnantes et pour le moins fascinantes.
Lla qualité intemporelle de ses chansons -à une exception près- dont le plaisir de les réentendre est indéniable. Les mêmes, simplement réorchestrées...
Et enfin le gag sur le pet de Pumbaa qui répond intelligemment à son modèle.

NOTE : 8-9 / 20

La critique des internautes
 

 


NOTE : -/20

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