Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Dumbo
Budget = 170 M$
BOX OFFICE France = 2 056 / 84 621 - 551 000 - (2 394 000) entrées
BOX OFFICE USA = 46,0 / (114,8) M$
BOX OFFICE Monde = (353,0) M$
 

La boucle est bouclée. Burton, qui avait débuté comme animateur chez Disney, réinvestit ce monde et, surtout, le fait sien : car faute d'avoir les mains totalement libres sur le scénario, remake oblige, il projette son univers sur les personnages et leur environnement. Car absolument tout le cinéma de Tim Burton se retrouve dans ce film, bien au-delà d'une réalisation pointilleuse. This is not Disney's !!
Il y a tout d'abord ces êtres qui doivent assumer leur différence (le monde du cirque en devient alors tout le symbole), des personnages atypiques mais possédant des pouvoirs extraordinaires et que l'on retrouve à travers toute l'oeuvre du maître : que ce pouvoir soit matérialisé par des mains en forme de ciseaux, de super pouvoirs vraiment fantastiques, la capacité de parler (La planète des singes) ou de peindre des chefs-d'oeuvres étranges et différents (Big eyes), de vaincre la mort (Dark shadows) ou de créer la vie (Frankenweenie). Une projection évidente de l'artiste.
Autre tic de ce génie du 7ème art : les héros possèdent un manque affectif évident et cruel. Ici les deux enfants ont perdu leur mère ; et on retrouve ce manque chez Edward, Bruce Wayne, les enfants particuliers, Willy Wonka, Sparky (il perd son chien), l'époux des Noces funêbres. Dans Dumbo les enfants vont projeter leur trauma sur l'éléphant et sa mère, moteur de leurs aventures. D'ailleurs Burton innove intelligemment en adoptant régulièrement le point de vue de l'animal, quand même sensé se trouver au centre de l'histoire.
Il y a enfin ces personnages avides de pouvoir, généralement les bad guys de ses histoires (Walter Keane, Barron, les martiens de Mars attack !, certains singes dans La planète des singes et d'une certaine manière Beetlejuice & Willy Wonka) : et ici la puissance du film réside dans le fait qu'ils sont matérialisés par... l'Empire Disney !! Nous allons revenir là-dessus...
On retrouve la patte esthétique de Tim : elle prend forme au gré d'une photo délavée et absolument sublimissime, de décors typiquement burtonniens et d'un certains appétit pour la noirceur en générale ; on y retrouve ainsi son univers de Jack ou Frankenweenie au détour d'une image, notamment dans le manège "horrifique". Tout cela est sublimé par une composition qui nous transporte avec délices et n'est pas sans me rappeller les envolées lyriques de Edward Scissorhands.
Revenons enfin sur ce qui fait de ce remake une oeuvre à part entière, un objet assez subversif dont on se demande au gré du métrage si les grandes pontes de Disney en ont réellement compris toute la portée : depuis l'exposition de ces peluches Dumbo -vulgaires produits dérivés et bassement mercantiles- jusqu'à un empire Disney matérialisé par un Disneyland plus vrai que nature ; Burton dit clairement et en substance que ce super-média n'est qu'une machine à fric sans grande âme ! Subversif, surtout lorsque l'on sait ce qu'il en adviendra... (Spoiler : un retour à une petite entreprise familiale qui crache ouvertement sur le cirque traditionnel et prône la libération des animaux).
J'ai toutefois relevé deux défauts majeurs sur le film : étant entièrement centré, dévoué à ses personnages, il se fait au dépend d'un scénario carrément linéaire, filant continuellement en ligne droite, sans pour autant être exempt de bons coups de suspens et de multiples clins d'oeil respectueux au cartoon (les souris, le touché des trompes, les éléphants roses, le subterfuge de la plume). De même je suis étonné de voir que les FX ne sont pas toujours fluides, surtout lors des envolées de Dumbo lorsqu'il a quelqu'un sur son dos.

NOTE : 15-16 / 20

Voir : Dumbo

La critique des internautes
 

Dumbo est le nouveau film de Tim Burton. Les enfants de Holt Farrier ex artiste de cirque chargé de s'occuper d'un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public découvrent que ce dernier sait voler. La mise en scène de Tim Burton est bien maitrisée et propose un scénario inédit accompagné d'une intrigue habile et bien rythmée. Les personnages principaux sont assez bien développés notamment Dumbo mais aussi ceux qui l'entourent à savoir Holt et ses enfants ainsi que le responsable du cirque incarné par Danny De Vito. On retrouve les thématiques chères à Tim Burton à savoir le droit à la différence et dénonciation de l'exploitation des animaux, le tout saupoudré par des décors réalistes et un univers visuel haut en couleur propre au cinéaste. Niveau casting on retrouve Colin Farrell en Holt père protecteur, Danny de Vito en propriétaire du cirque ; Michael Keaton en businessman impitoyable et Eva Green toujours aussi magnétique. A noter que les magnifiques plans visuels durant lesquels on voit Dumbo voler. Au final Dumbo est un remake réussi entre tradition et modernité ; tolérance et humanisme qui plaira aux petits comme aux grands.


NOTE : 16 / 20

John MEYER