| Prometheus |
(15-16) |
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Un alien avec un cerveau. En prenant exactement le même
angle d'approche que pour son Alien originel,
Scott prenait le rsique des comparaisons et des critiques face à
une entreprise qui avait tout de "commerciale" ; mais que les
films coûtent 5 ou 250 millions de dollars, ils font tous partie
de l'industrie du cinéma... Alors effectivement : on repart dans
l'espace avec un vaisseau, un équipage, un androïde et une
mystérieuse mission, et ce après une introduction qui aurait
mérité un vrai développement, non pas par rapport
à l'intrigue, mais bien par rapport aux personnages dont la plupart
ne serviront que de faire-valoir au scénario faute de nous être
mieux présentés. Mais là ou le réalisateur
est brillant c'est bel et bien dans le fait qu'il ne nous propose en rien
un nouvel épisode : il reprend le décor et va nous emmener
tout ailleurs, rattachant les deux films sans autres conséquences.
Plus science-fictionnel que véritablement horrifique, même
si l'auteur se plait à quelques disgressions, Prometheus reste
de la SF réaliste, profonde, sombre et presque dépressive
: il s'en dégage une intense réflexion sur l'humanité
(son pouvoir de créer et de détruire) et sur Dieu ("il
n'y a rien après"... ou peut-être mais il va falloir
aller chercher encore plus loin), sur notre place dans l'univers, le film
se présentant même comme une espèce d'excuse sinique
à nos exactions et à notre bétise guerrière.
Il s'en dégage une oeuvre totalement indépendante de la
célèbre saga, une espèce de spin off réfléchit
qui explore une voix, presque un genre, différent, sans ne jamais
être racoleur. Le film n'est pas exempt de défaut : Scott
soignait mieux son atmosphère dans l'original, prenait son temps
(une autre époque...), sa réalisation, si elle reste très
inspirée, est beaucoup moins fine et pensée. Le scénario
est réellement savoureux avec ses sous-intrigues, ses personnages
ambigus, ses retournements de situation, ses thématiques variées
et passionnantes, si bien que le film emporte facilement l'adhésion,
celle de fantasticophiles qui pensaient avoir perdu de vue depuis de trop
longues années ce genre de film qui ose prétendre que ces
mêmes spectateurs sont des créatures intelligentes. Je pense
qu'il lui faudrait un director's cut de 30 bonnes minutes... |