Pirates
des Caraïbes : la malédiction du Black Pearl |
(15-16) |
|
Un film de pirates comme l'on en rêvait plus ?
Oui ! Les règles d'un genre un peu trop classieux sont là
et bien là, beaucoup plus comme des clins d'oeil, des balises,
des coups de châpeaux à une époque révolue
(beaux bâteaux, abordage, sâles gueules, combats à
l'armes blanche, auberges mal famées, mise à sac, belle
en détresse et anglais). Mais l'intelligence même de ce film
est belle et bien de les détourner, de les mettre à mal
et de les magnifier ; ce que personne n'était parvenu à
faire depuis plusieurs décennies (Cf. "Pirates"). Et
presque tout tient dans deux des ingrédients principaux de ce cocktail
explosif : d'une part un capitaine complètement décalé,
au-delà de la folie (sublimé par un Depp plus que bien inspiré),
servis par des dialogues croustillants et débouchant sur un humour
frais et succulent ; un capitaine à la limite de la parodie (sa
scène introductive est une pure merveille !), anti-héros
parfait qui vient contre-balancer méchamment la bourgeoisie alentours.
D'autre part il y a ce mélange rafraichissant des genres, parfaitement
dosé, qui laisse à la fois une grande place à une
aventure hautement imaginative et est brillamment épicé
de fantastique grandement excitant (un spectacle de zombies que ne renierait
pas Ray Harryhausen, surtout le combat dans la grotte). Un mélange
foudroyant, hilarant, trépidant qui repousse les limites d'un genre
cinématographique quelque peu tombé en désuétude.
D'autant plus que tous le reste est à l'avenant : une très
belle composition lyrique, des décors parfaits et des FX clinquant.
|