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Piranha 3D

Alexandre AJA
(10-11)

Intro d'ambiance : Richard Dreyfuss est sur un canneau, il tombe à l'eau ; qui c'est qui l'a bouffé ? Voici donc une grosse série B qui ne renie pas son attachement aux séries Z de la belle époque (?) alors ne cherchez pas un scénario élaboré, il n'y en a pas, il n'y en a jamais eu et il n'y en aura jamais : les filles ont bel et bien été castée en fonction de leur tour de poitrine (il n'y a pas d'étudiant obèse et sexué aux USA ???), les dialogues sont ceux des adolescents de cinéma moyen, les FX sont d'un joli classicisme (Ah... l'époque KNB...) doublé d'un magnifique modernisme, il y a du rap, des piranhas particulièrement réussis, du méga, méga gore avec une bonne grosse dose de sauvagerie et de sadisme qu'il va falloir disséquer au plus vite (j'y viens !), poussé très loin mais non sans un humour béta (le coup de la bite...). Avant toute analyse, rien à redire du boulot d'Aja : soigné, virevoltant, jamais essoufflé et communicatif quand au plaisir que le monsieur a eu à faire ce film. Analyse : de prime abord cette oeuvre est d'un vulgaire hors du commun (les filles sont à peu près toutes des p**es et se donnent en spectacle pour des mâles sûrs d'eux), complètement caricaturale et assumée comme telle, très osée pour un film US sorti en wide, un suspens n'en est pas un (mais non : la belle petite famille, gardienne de la bonne morale, ne se fera pas bouffer ; et on peut même entrevoir une future love story pour combler le vide paternel... oups ! Spoiler !) ; bref une fois de plus les autorités vont tenter de faire régner l'ordre et la morale en voulant faire cesser ces exhibitions dégradantes et au final tous ces êtres qui cèdent au plaisir de la chair se feront massacrer -et le mot est encore faible- par ces erzats multiples de Jason ! Rien d'exceptionnel de ce côté ci, pas d'intellectualisation ni de révolution du genre, seulement une fidélité un peu bête pour un spectacle purement et catégoriquement horrifique, sans surprise aucune si ce n'est visuel. En résumé : c'est un mix entre un clip de rap et un slasher lambda qui passera à la vitesse supérieure dès la seconde partie pour le plus grand plaisir des pervers que nous sommes... pervers mais cinéphiles tout de même !