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Alita : Battle angel
Budget = 170 M$
BOX OFFICE France = 1 913 / 128 501 - 783 000 - (1 663 000) entrées
BOX OFFICE USA = 28,5 / 37,2 / (81,8) M$
BOX OFFICE Monde = (394,2) M$
 

La guerrière et l'ange.
Voici le mythe de Prométhée dans version nipponne : rappelez-vous ce bon vieux Dr Frankenstein créant un être de toutes pièces afin de vaincre la mort (d'un être cher) ; sa "créature" lui échappera et sera tiraillée par une personnalité ambigüe et multiple. Alita n'est autre que ce Pinocchio futuriste (elle découvre le monde avec une certaine naïveté) assemblé par un Dr Geppetto : même si le pantin se révélera plus trash et plus moderne.
La grande force de l'oeuvre est d'être plus intéressée par ses héros que par l'univers bigarré dans lequels ils évoluent : celui-ci n'est qu'une formidable toile de fond. Et si les personnages traversent littérallement l'écran, et ce dès les premières minutes, c'est qu'ils ont tous deux traits de caractères communs et essentiels. Le premier est qu'ils sont tous d'une incroyable dualité, ce qui leur confère une incontestable profondeur et un humaniste pregnant : chacun d'entre eu possède un double rôle dans le film, autant l'ex-femme ayant mal tournée que le baroudeur Hugo, autant le docteur qu'Alita elle-même. Deuxièmement ils sont tous en proie avec leur passé, tout autant qu'obsédé par leur avenir (notamment sur Zalem) : que ce soit un passé sombre, inconnu, fait de drames humains ; où encore d'un un simple passé d'êtres humains à part entière. Alita est en réalité un film foncièrement humain.
Le film développe également un autre concept que je trouve toujours aussi fascinant : celui du mythe du paradis terrestre, de l'El Dorado, cet endroit vers qui tout converge (et revient, à l'image des pièces détachées qui en tombent... l'Ange Déchu...), cet Eden où paraissent vivre les seuls élus, ceux qui ont réussis ; on retrouve un peu de Metropolis dans cet Alita, et plus prosaïquement de cette thématique étudiée dans Elysium. En tout état de cause, le mystérieux Nova serait une espèce de dieu moderne, omniprésent, omnipotent et omniscient, à travers tout les "croyants". Toute considérations religieuses gardées (on voit symboliquement une église en ruine parmi les décors importants), Alita n'est pourtant pas une Nième élue du 7ème art, mais plutôt la quintessence de la réussite dans une société prolétaire.
J'ai également été foncièrement happé par ces créatures aux possibilités semblent-ils infinies : non seulement le film est visuellement un petit bijou, mais il prolonge intelligemment cette obsession nipponne concernant ces êtres mi-homme, mi-robot, fantasme d'une fusion ultime et absolue entre l'espèce humaine et sa technologie (dans une version cependant moins cauchemardesque que Tetsuo). Les FX sont exceptionnels car assez délirants et, pour une fois, proches de ce que l'on attend véritablement d'eux : être des oeuvres d'art, audacieuses.
Les limites de l'oeuvre sont pourtant claires : ça reste une version assez édulcorée puisque grand public, matinée de sauce US (dans les facilités scénaristiques et la structure du récit) mais bourré d'idées de SF plaisantes (et pas seulement le concept du "Rollerball"). Rodriguez m'a beaucoup moins impressionné que les effets spéciaux qui le servent : le mal hollywoodien a eu un peu raison de ce monsieur, qui ne vise ici plus qu'une certaine efficacité... Et le film reste, enfin, assez chiche concernant le passé pseudo-mystérieux d'Alita. Globalement -même si ce n'était pas le but du film ni celui du manga, je crois- il manque une réflexion globale et une profondeur littérale plus présente. D'ailleurs la love story y est sauvée in extremis.
Sinon : Alita est merveilleusement belle et touchante...

N.B. : Après lecture dufabuleux manga (on laisse tomber l'anim', vraiment très faible) on se rend mieux compte du brillant travaille d'adaptation, de restructuration totale du récit pour en faire un objet cinématographique ; d'où ma réévaluation de la note. Adaptation des deux premiers tomes (et de quelques pages du 3ème), le film use d'arguments imparables pour ce faire : augmentation de la présence de certains personnages (l'ex-femme) / suppression d'autres, gommage de certaines séquences, mise en toile de fond pour d'autres éléments (à juste et différents titres : le Motorball), présence très justement copiée-collée de certains pans entiers de l'histoire -voir de vignettes, respects du découpage des combats. De ce point de vue, l'histoire d'amour et la réflexion se plaquent complètement à l'esprit du matériau d'origine.

NOTE : 17-18 / 20

La critique des internautes
 

 


NOTE : -/20

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