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Once upon a time... in Hollywood
Budget = 90 M$
BOX OFFICE France = 5 332 / 192 373 - 1 132 000 - (2 459 000) entrées
BOX OFFICE USA = 41,1 / (138,2) M$
BOX OFFICE Monde = (344,6) M$
 

Avant d'entrer de pied ferme dans une analyse détaillée, je voudrais rappeler une chose somme toute évidente : le premier critère qualitatif qui fait que l'on aime (ou pas) une oeuvre, est ce plaisir (ou pas) sans nom ni mot que l'on ressent à sa vision. Et lors de la diffusion de ce Once upon a time in... Hollywood il se trouve que, d'emblée, j'ai éprouvé ce plaisir immédiat qui ne m'a plus lâché... jusqu'à ce que la salle s'allume violemment, quelques secondes avant que le titre du film apparaisse pour nous signifier la fin de la séance ! Et dans ma tête -j'ai tout d'abord cru en un problème technique inopportun !- j'en ai immédiatement réclamé plus : et Mr Tarantino a accédé à ma demande lors d'une scène, au beau milieu du générique, scéne réservée aux purs fans. Délectable et terriblement drôle.
Mais rembobinons le film un instant... Certains lui reprocheront d'être un exercice de style un peu vain ; mais il n'est pas vain car, comme je le prouverai, il n'est en rien vide. D'aucuns lui trouveront le défaut de ne pas suivre une intrigue solide, indentifiable, qui supporterait pleinement le scénario, de ce fait il pourrait leur paraître n'être qu'un amoncellement de scènes et de clins d'oeil. Mais, si intrigue il y a -en parallèle-, l'intérêt de l'œuvre est cette fois tout ailleurs.
Et il y a tout d'abord l'inévitable, l'inimitable, l'incontournable signature Tarantino :
Cette fois le maestro s'est complètement lâché et le scénario se repose sur des références jusqu'à raz la gueule, tant au premier qu'au second plan, dans la moindre parcelle de dialogue. Une véritable célébration du 7ème art dont il serait vain d'en citer tous les éléments. On retrouve également dans ce Once upon a time... deux histoires qui sont amenées à fusionner à la toute fin ; ici jusqu'en un déchaînement violence Tarantinesque découlant de sa façon de faire monter une tension palpable. Quitte à traffiquer la réalité et fantasmer sur l'issue de la tragédie... Et puis on reconnaîtra la plupart des tics qui ont fait, justement, cette signature : les fameuses cigarettes "Red Apple", un festival de pieds pour fétichistes, des femmes fatales à tire-larigot, des scènes inondées de musique et des gangsters (seulement sur petit écran cette fois). Il ne manquera à l'appel que le montage explicatif, le célèbre plan "dans le coffre" (la scène de la roue de secours a été sacrifiée...) et, il me semble, un coup de frein sur les dialogues, laissant des scènes étonnamment calmes, pas loin d'être silencieuses. Mais le point fort du film est, à n'en point douter, l'inusable génie qui marque une nouvelle fois une réalisation foisonnante et d'une richesse exceptionnelle, s'adaptant avec une justesse infime à chacune des scènes, à chaque univers. La variété de la grammaire cinématographique de Tarantino me laisse à chaque fois pantois, la puissance de chacun de ses plans et leur intelligence à chaque fois renouvelée est vraiment quelque chose de rare à Hollywood. Le moindre shot d'un visage, à distance différente est d'une extraordinaire signifiance ; le moindre insert dans ce qui aurait pu être un simple plan séquence me bouleverse en tant que cinéphile.
Mais pour l'essentiel Once upon a time... est une déclaration d'amour envers ce qui nourrit l'auteur depuis toujours : le cinéma dans sa totalité, dans sa diversité, dans sa générosité. Il nous balade dans l'envers du décor, à travers ses détails les plus croustillants, ses mystères de fabrication, ses personnages de l'ombre. Car cette fois le film se veut plus introspectif que n'importe laquelle de ses oeuvres : jusqu'en une réflexion sur la violence toute hollywoodienne qui débarque dans la vraie vie (et qui n'est qu'une réponse imagée et singée envers une violence toute réelle ; plus qu'elle-même génératrice de violence). Mais le plus symbolique est assurément ce gimmick Tarantinesque que nous n'avons pas évoqué précédemment et qui devient ici un élément moteur du scénario : l'acteur has been qui essaie de tirer son épingle du jeu et remonte la pente via des séries B inspirées ; c'est ce personnage de Rick Dalton qui n'est que la fictionnlité des Travolta, Johnson ou Carradine. Et qui devient le défunt Luke Perry au gré d'une simple scène. La boucle est bouclée.
D'ailleurs le réalisateur permet à chacun de ses acteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes : jamais caricaturaux ni cabotins, ils savent trouver le ton juste et faire de leur création quelque chose d'unique et d'impressionnant.
Retour rapide sur le traitement de C. Tate et B. Lee... Pour m'être intéressé à la vie de Sharon il y a quelques années, je trouve que le film l'explique le plus subtilement qui soit en partant de divers éléments, les mixant à son récit (la villa, la soudaine célébrité, l'auto-stop, la Playboy Mansion, le gars qui n'entend pas le crime à cause de sa musique, le "Pig"). Tarantino évoque clairement ici des souvenirs diffus, disparates et les assemblent pour faire "impression". Et c'est sans doute le cas pour Bruce Lee (dont il admire les oeuvres), même si la scène est effectivement surprenante et pas forcément bienvenue de la part d'un auteur qui se plait moins à être critique qu'à rendre hommage. Le film n'a nullement l'ambition d'être historique ou documentaire -bien que documenté-, je n'approuve pas forcément cette vision mais l'a comprend.

La critique des internautes
 

 

NOTE : - / 20

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