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Grâce à Dieu
Budget = 6 M€
BOX OFFICE France = 2 586/ 48 044 - 276 000 - (914 000) entrées
BOX OFFICE USA = - M$
BOX OFFICE Monde = - M$
 

La plus grande qualité de ce film est de ne pas être naïvement à charge contre une religion qui aucunement ne cautionne, ni dans ses écrits ni dans son histoire, des pratiques qui vont toutes à l'encontre de son message et de sa morale. C'est un film à charge contre des pédo-criminels qui renient leur conviction, ne s'assument qu'à demi mots. Un film à charge contre des pratiques aussi illégales que répugnantes, contre une institution faite d'hommes aux valeurs morales vacillantes, fermant les yeux pour ne pas être éclaboussés. Lorsque, suite à cette affaire, on a pu entendre que certains croyants avaient renié leur croyance (le reniement de leur foi en l'Eglise est, lui, plus compréhensible) c'est que celle-ci ne devait être ni sincère ni éclairé pas plus que réfléchie. Être contre une partie de l'institution me paraît évident : mais la confondre avec le message de la foi catholique ou la croyance est purement nonsensique et irréfléchi (et je ne suis absolument pas catholique). Le message du film de Ozon a une tout autre portée : dénoncer des êtres hideux comme on en trouve -hélas- absolument partout, autant dans l'éducation nationale, les clubs sportifs, le domaine du social, les entreprises privées et tout autre organisme, aussi laïque soit-il.
Derrières ces louables intentions se cache en fait une oeuvre qui peine à avancer, à nous happer malgré l'importance du sujet. Que nous apprend le film ? Quels éléments nouveaux met-il au dossier ? Qui ne savait pas que les proches des familles étaient parfois tout autant coupables (non assistance à personne en danger) ? Que les prêtres étaient simplement "mutés" ? Que les victimes mettaient beaucoup de temps à prendre confiance ? Que la prescription bloquait le travail de la justice ? L'enquête reprend simplement ce qui a pu être dit ici et là, développé dans la presse, même elle a le mérite d'en expliquer tous les mécanismes, avec force de détails ; ce qui finit par donner de la puissance à l'histoire.
Il est vrai que le format épistolaire / voix off, le triple récit très chronologique qui narre le combat d'une vie, ainsi que la réalisation sans doute un peu trop posée, presque en retrait, ne nous aide guère. Le film est en réalité un peu austère. Intelligent, pudique mais austère : il manque par ailleurs une chose essentielle à ce récit pourtant très complet : on ne parle pas de la sexualité des prêtres. D'aucun savent qu'ils doivent l'abstinence : le mariage leur est interdit, certe, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne commettent pas le "pêché de chair". Ce qui implique que rien, abolument, strictement rien, ne saurait expliquer ces abjectes déviances.
Je lui préférerai le plus cinégénique et probant Spotlight.

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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