Sweeney
Todd |
(17-18) |
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Le premier essai musical de Burton est une nouvelle
fois une perle pour les yeux et un éblouissement pour le regard.
Comme obsédé par ce thème, Tim explore à nouveau
les recoins les plus sombres de l'âme humaine, et c'est aussi visuel
que psychologique : son décor est le Londres victorien qui frémissait
sous la lame de jack, sa photo est un quasi noir et blanc d'une beauté
étrange, les décors son sâles, les ruelles sombres
et menaçantes, le ciel envahit de fumée et autant de nuages
noirs, la ville représente à elle seule le mal absolu et
incarné. On y voit pauvreté, méchanceté, vengeance,
pâleur des visages, injustice et violence. Le scénario est
limpide mais merveilleusement atmosphérique ; et puis les personnages
s'entrecroisent, les situations rebondissent joliment si bien qu'il y
a une vraie dynamique -auquelle les chansons et les acteurs ne sont pas
étrangers. La réalisation est tout bonnement impeccable
: entre grâce et folie, légère et irréprochable.
Preuve d'un talent immense, Burton s'est une nouvelle fois entouré
des meilleurs artistes : la partition est aussi exquise que grandiose,
les chansons sont sublimes, noires et croustillantes et se marient à
merveille à cet univers burtonnien. Une oeuvre à mi-chemin
entre Frankenstein (certains dialogues y font directement référence
et les coiffures sont sans équivoque) et Edward
au mains d'argent ; hanté par l'image de la mort, les instruments
tranchant deviennent un bel outil servant à libéré
Sweeney tout comme le spectateur : dans la pénombre, côte
à côte avec l'obscurité, les giclée de sang
deviennent un émerveillement visuel, une carthasis pour les témoins
que nous sommes. Un espoir : tout comme le sera, en vain, l'apparition
de l'enfant (une scène montre clairement l'aspect maternelle de
Mme Lovett : son visage prend des couleur, le maquillage s'estompe). Sublime.
La fin est une apothéose, une réunion sanglante et dramatique
de tout ses thèmes : l'espoir est avorté. Exceptionnel... |
La critique des internautes |
Tim Burton est l'un de ces génies cinématographiques
unanimement salués qui loin de se reposer sur ses acquis parvient
en permanence à se réinventer( à l'exception de
"La Planète des Singes"). Avec son nouveau film "Sweeney
Todd ,le Diabolique barbier de Fleet Street" Tim Burton
signe un film qui ne ressemble qu'à lui-même et son film
le moins accessible ,le plus violent ,le plus surprenant et pourtant
c'est l'un des films les plus personnels de son auteur. Projet que Burton
souhaitait mettre en scène depuis plusieurs années, ce
film est la transposition d'un opéra, mais "Sweeney
Todd" n'est pas une comédie musicale comme les
autres ne serait ce en premier lieu de par sa violence et son sujet
peu commun. Du générique de début absolument splendide
à la scène finale tout simplement bouleversante , Burton
nous transporte dans un univers à la fois moche et pourtant si
beau esthétiquement... Mais au-delà des évidentes
qualités visuelles du films Tim Burton livre une mise en scène
virtuose à chaque plan ,raconte un récit déchirant
,ou l'emploi de la chanson pour la moitié du film s'avère
essentiel , cela apporte à la fois lyrisme , décalage
et humour noir pour faire le contre-poids avec la violence de l'histoire
et des situations... Mais c'est aussi un film dans lequel Burton offre
à son éternel complice l'une des performances les plus
impressionnantes : Johnny Depp ici sombre et torturé livre une
performance imparable , sans pitié ,menaçant ,dénué
d'émotions , l'acteur interprète aussi avec brio ses chansons
et cloue vraiment le bec du spectateur. Il forme avec Helena Bonham
Carter(autre habituée de l'univers Burton et femme de ce dernier)un
duo fabuleux. Il y aurait encore beaucoup à dire sur un tel film
qui assemble avec maestria noirceur, violence, lyrisme, poésie,
amour, haine... Un chef d'œuvre absolu et d'or et déjà
l'un des films les plus brillants de son auteur... UNKUT |