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Suicide squad

David AYER
(6-7)

Les 8+2 salopards, où le faux côté obscur des Avengers / X-men. Mettons les choses au clair : inutile d'être un fidèle lecteur du Hollywood Reporter, ni d'avoir vu plus de 8 000 oeuvres cinématographiques (je dis ça, je dis rien...) pour se rendre compte que si ce film est un petit naufrage, la faute ne repose pas sur les épaules de ceux qui y ont VRAIMENT bossé dessus. Voici donc un sâle boulot de cochons de producteurs : en tous cas pour ce qui concerne très clairement les 3/4 du film. Honte à eux. Le début est même incommodant avec sa version tronquée, mal digérée, des sus-nommés "10 salopards". Marvel -quoi qu'on pense indépendamment et qualitativement de leur films- avait posé les jalons de son équipe à travers un, voir plusieurs films pour chacun des membres de sa future équipe, histoire de ne pas laisser les spectateurs orphelins de leur histoire. De son côté DC se lance dans une espèce de résumé scolaire et impropre de films qui n'ont jamais existé et tente de donner un semblant -un squelette- de vie à leurs anti-héros. Mais il y a pire avec l'arrivée sur le fil du rasoir d'un ultime méchant (slipknot) dont il n'est nul besoin d'être devin pour deviner le destin... C'est quasiment le même topo pour Katana. Il est incompréhensible qu'un film de cette stature soit aussi malhabile. Ensuite vient le bad guy tout aussi clairement annoncé de l'histoire, puisque ce qui devait arrivé arriva : le personnage le plus puissant prend logiquement l'ascendant... Et la lutte qui s'ensuit ne restera que très peu convaincnte ; sans parler de sa mort qui aurait pu être réglée sans dommage collatéraux à l'aide... d'une simple bombe (comprennent qui a déjà vu le film). Et il y a enfin cette impression générale laissée par moult détails encombrants : passons l'emprunt au très méconnu Wedlock, ce qui en fait une série B assumée, mais nos terribles bad guys ne sont en fait pas plus hard que les super-héros Marvel, et bien moins inconfortants, trashouilles, vulgaires et dans l'auto-dérision presque analytique que Deadpool. Un comble ! Les punchlines tombent massivement à plat. La musique juke-box est très artificielle et n'a que bien peu de justificatif (l'écho de leurs paroles ne fait pas tout). Le trop-plein d'FX ne fait plus aucun effet, si ce n'est celui d'une vraie lassitude. Les jolies fesses d'H. Quinn ne font pas à elles seules un bon film.
Alors on s'entend bien : tout n'est pas à jeter, et on voit la différence dans la dernière demi-heure, celle qui ressemble de toute évidence au film que Ayer avait en tête. De l'action mieux sentie, un réalisateur plus inspiré, des flashbacks qui se seraient absoluement autosuffit tout au long du film et auraient éviter une intro catastrophique, une certaine dose d'émotion qui fait cruellement défaut au début, des liens plus resserrés entre le Joker (dont on préfèrera sans gêne l'interprétation de H. Ledger) et Harley, tout comme ceux qui existe entre de la sorcière et de R. Flag. Le casting est parfait et W. Smith en tête d'affiche reste incroyablement charismatique. Pourtant il persistera cette impression que deux visions du film se sont juxtaposées, celle du financier ayant bien évidemment remporté les suffrages ; Et l'envie, comme rarement je l'ai eu, de voir le montage du réalisateur...

 

La critique des internautes