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Soleil vert

Richard FLEISCHER
(19-20)

Dans la même lignée fantastique que « Rollerball »… avec le mêmes ambitions sociales omniprésentes : l’homme ne devient qu’une bête (traité comme tel dans les manif, servant de nourriture) ; l’amour n’existe pas, on paye des femmes (appelée « meubles »…) , ; le fossé riche / pauvre est immense ; la société est revenue au Moyen-Age (on va chercher l’eau à la fontaine) ; elle est très primitive (le cannibalisme) ; c’est une société policière. Bref, autant dire que l’anticipation est hyper-réaliste (n’oublions pas le rabachage du vieux qui prendra une dimension sentimentale…). Dès le pré-générique on crie au génie : l’histoire en photos-clichés défile chronologiquement tandis que le temps s’accélère (grâce au montage). Le « moment » futur est fait d’images anachroniques tout à fait symboliques et sensées (sommes-nous loin de ce qui va être décrit ?). Le scénario possède évidemment une idée de base surpuissante, la double-intrigue, son chevauchement qui nous mène par le bout du nez (policier / prétexte – réel / choc) est une pure merveille d’écriture et la sublime émotion qui se dégage de la mort du vieillard sur fond d’images divines prend une toute autre signification (surtout en sachant qu’il sera oublié). De même l’histoire d’amour dans ce froid contexte prend toute sa chaleureuse beauté. L’épisode très « watergate » devient vite crédible et effryant. L’œuvre prend encore de la hauteur à la vue de New York et de sa pauvreté trsè réaliste, vis à vis des problèmes qu’entraine l’industrialisation de notre nourriture et sa normalisation. La réalisation est subtile, elle se fond aux situations (cf. la scène où un groupe goutte de nouveau plaisirs alimentaires en plans séparés, montage alterné et angularités diverses pour caractériser le plaisir), la photo et sublime (l'’ura verdatre qui suit les protagonistes semble anticiper de leur sort). Le jeu des acteurs est suffisemment juste pour trouver une grandiose répercution en nous et justifier la vision de ce chef-d'’euvre.