Soleil
vert |
(19-20) |
|
Dans la même lignée fantastique que «
Rollerball »… avec le mêmes ambitions sociales omniprésentes
: l’homme ne devient qu’une bête (traité comme
tel dans les manif, servant de nourriture) ; l’amour n’existe
pas, on paye des femmes (appelée « meubles »…)
, ; le fossé riche / pauvre est immense ; la société
est revenue au Moyen-Age (on va chercher l’eau à la fontaine)
; elle est très primitive (le cannibalisme) ; c’est une société
policière. Bref, autant dire que l’anticipation est hyper-réaliste
(n’oublions pas le rabachage du vieux qui prendra une dimension
sentimentale…). Dès le pré-générique
on crie au génie : l’histoire en photos-clichés défile
chronologiquement tandis que le temps s’accélère (grâce
au montage). Le « moment » futur est fait d’images anachroniques
tout à fait symboliques et sensées (sommes-nous loin de
ce qui va être décrit ?). Le scénario possède
évidemment une idée de base surpuissante, la double-intrigue,
son chevauchement qui nous mène par le bout du nez (policier /
prétexte – réel / choc) est une pure merveille d’écriture
et la sublime émotion qui se dégage de la mort du vieillard
sur fond d’images divines prend une toute autre signification (surtout
en sachant qu’il sera oublié). De même l’histoire
d’amour dans ce froid contexte prend toute sa chaleureuse beauté.
L’épisode très « watergate » devient vite
crédible et effryant. L’œuvre prend encore de la hauteur
à la vue de New York et de sa pauvreté trsè réaliste,
vis à vis des problèmes qu’entraine l’industrialisation
de notre nourriture et sa normalisation. La réalisation est subtile,
elle se fond aux situations (cf. la scène où un groupe goutte
de nouveau plaisirs alimentaires en plans séparés, montage
alterné et angularités diverses pour caractériser
le plaisir), la photo et sublime (l'’ura verdatre qui suit les protagonistes
semble anticiper de leur sort). Le jeu des acteurs est suffisemment juste
pour trouver une grandiose répercution en nous et justifier la
vision de ce chef-d'’euvre. |