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Prince of Persia

Mike NEWELL
(5)

Et le prince de s'enliser dans les sables du temps... car ce film a le défaut immense de ne savoir trop s'il veut être un hommage odieux aux films d'aventure classiques (comme les "Pirates des Caraïbes" le furent beaucoup plus brillamment en ce qui concerne les films de pirates) ou une oeuvre réellement arriérée. Car c'est et ce sera son incommensurable banalité qui tuera le film dans l'oeuf tout au long du métrage, comme s'il avait été écrit dans les années 40 ou que ses scénaristes avaient oublié que le cinéma en général, et l'écriture cinématographique en particulier, avait grandement évolué en... 70 ans !!! Hors mis la princesse plutôt loin des clichés de la femme en danger (et encore... elle est quand même transformée ici en insupportable pisseuse) tous les ponctifs sont au rendez-vous, tous les raccourcis scénaristiques sont présents, de la Perse made in Hollywood (décors numériques, rien d'historique ou de géographique...) au méchant dont on connait l'identité dès le générique (puisque l'acteur n'aligne presque plus que ce genre de rôle...), de ses personnages sans aucune profondeur ni présence aux cascades à tout-va (réussie pour leur part, entre les images du video game et une démo des Yamakasi !), du héros translucide (Gyllenhaal semble franchement cachetonner et s'ennuyer dans ce rôle sans épaisseur où son personnage n'aura pour lui que son courage et sa morale... maigre, non ?) à l'histoire éternelle du bad guy qui veut être vizir à la place du vizir, de l'objet magique après lequel on court tout au long du film au dialogues trop souvent risibles, de l'absence -justement- de magie dans l'histoire à une oeuvre tout simplement sans grand enjeu et dont le prétexte s'avèrera assez crétinoïde (s'emmerder à faire une guerre qui n'est pas gagné d'avance et vouloir changer le cours de l'histoire quand quelques coups de couteau auraient sans doute suffit...). Ajoutez à tout cela les seconds rôles qui s'essaient forcément à l'humour, un film qui manque -comme rarement on le voit au cinéma- de quelques grandes scènes qui submergent le reste (c'est-à-dire cet alignement de scènes sans caractères), un manque d'enjeu, d'éclat, de peps, de surprises, d'innovation, de... magie, de rêve, manque qui semble devenir la marque de fabrique des gros films hollywoodiens un rien frileux ; et voilà que vous obtenez non seulement un sous-Indiana Jones, mais plutôt un sous-Le diamant du Nil (soit un sous-sous-Indiana Jones...) ! Un film lisse et sans aucune saveur qui aura le mérite, assurément, de rendre un bel hommage à la maigreur des scénarios de nombreux jeux vidéo qui, eux, ont pour excuse d'être assujettis à la jouabilité du produit ; ici le spectateur ne peut que subir... et putain que c'est long ! Quant au fameux clin d'oeil politicien (?? Une ville attaquée pour y découvrir des armes qui n'existent pas et dont on veut prendre les richesses)... hasard ou démagogie ?