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Maléfique
Détails du film sur InCiné

Robert STROMBERG
(13-14)

Quelques minutes d'enchantement visuel, d'un royaume sans roi où "la confiance est guide" et d'amour inter-ethnique : les prémisses d'un bon film ? C'est un festival d'effets spéciaux pas toujours savamment dosés, des décors de rêve et des costumes, mais "Maléfique" est avant tout une oeuvre brillante qui prend la légende et le conte à contre-sens et le spectateur à contre-pied avec beaucoup de délectation. C'est un conte plein de trouvailles qui réinvente intelligemment un récit connu de tous, estompant délicatement la frontière entre le Bien et le Mal, développant le thème infini de la vengeance et faisant de l'immonde sorcière originelle un "Dark Vador" au féminin : le film lui insuffle les raisons de devenir ce qu'elle est, justifiant pour ainsi dire sa haine et lui donnant une forte empathie en gardant toujours précieusement de côté sa part d'humanité généreuse (puisque mère par procuration) ; humain puisqu'à même de se venger odieusement plutôt que pardonner et vivre selon les rites de son royaume idyllique. Le côté "humain" représentant pour beaucoup le mal. Finalement c'est la double histoire de personnages sombrant dans la haine car tourmentés par l'amour : celui de l'être aimé, du pouvoir et d'un jeune être humain. Voilà une nouvelle façon ambitieuse d'approcher l'histoire d'origine, totalement réussie et même brillante (le baiser d'amour véritable). Mais la réalisation n'est pas franchement à la hauteur des ambitions du scénario et la fin se fond à nouveau dans le domaine du connu sans avoir cette audace du début : ce qui nous laisse sur une impression beaucoup moins glorieuse.