The
machinist |
(17-18) |
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Un homme n'a pas fermé l'oeil depuis un an :
il est maigre comme un cadavre, est partagé entre deux amours (l'un
sexuel, l'autre spirituel), sa vie se divise entre un travail dangereux,
glauque, un passé qui semble ressurgir, un complot qui se resserre
autour de lui, un inconnu, des personnes interconnectées à
son insu et des images qui pourraient très bien n'être que
des allucinations... Et divers éléments auxquels on passera
à côté mais qui auront leur importance à la
fin. Car voici un film maladif, pâle comme la mort, à la
limite du noir et blanc, blanchi (à la javelle, comme les mains
de notre anti-héros) ; sur un scénario extrêmement
complexe, fouillé dans ses moindres détails, tentaculaire
comme l'esprit humain, une intrigue labyrinthique fondée sur des
aspects propre à la folie. C'est un thriller démentiel,
fou et soudain complètement paranoïaque : le complot prend
des proportions inquiétantes, les repères du machiniste
se brouillent (des personnages cesseront d'exister, des photos montreront
tout autre chose, des pistes seront brouillées, certaines images
trouveront un tout autre sens, la solitude se fera atrocement pesante...etc)
et sa réalité va buter contre LA réalité,
celle que nous, spectateurs, ne soupçonnions même pas, jusqu'à
ce que, en une simple image, le puzzle que l'on ne voyait pas se met en
place, jusqu'à ce que l'histoire du personnage apparaissent sous
son véritable jour, son identité transparaisse et que la
place de son passé et de sa conscience trouve enfin leur juste
équilibre. Nous avons été baladé 1h30 durant
par les certitudes d'un homme malade. Ce film n'est rien de moins qu'une
perle... Une paranoïa cinématographique troublante. |