Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

The machinist

Brad ANDERSON
(17-18)

Un homme n'a pas fermé l'oeil depuis un an : il est maigre comme un cadavre, est partagé entre deux amours (l'un sexuel, l'autre spirituel), sa vie se divise entre un travail dangereux, glauque, un passé qui semble ressurgir, un complot qui se resserre autour de lui, un inconnu, des personnes interconnectées à son insu et des images qui pourraient très bien n'être que des allucinations... Et divers éléments auxquels on passera à côté mais qui auront leur importance à la fin. Car voici un film maladif, pâle comme la mort, à la limite du noir et blanc, blanchi (à la javelle, comme les mains de notre anti-héros) ; sur un scénario extrêmement complexe, fouillé dans ses moindres détails, tentaculaire comme l'esprit humain, une intrigue labyrinthique fondée sur des aspects propre à la folie. C'est un thriller démentiel, fou et soudain complètement paranoïaque : le complot prend des proportions inquiétantes, les repères du machiniste se brouillent (des personnages cesseront d'exister, des photos montreront tout autre chose, des pistes seront brouillées, certaines images trouveront un tout autre sens, la solitude se fera atrocement pesante...etc) et sa réalité va buter contre LA réalité, celle que nous, spectateurs, ne soupçonnions même pas, jusqu'à ce que, en une simple image, le puzzle que l'on ne voyait pas se met en place, jusqu'à ce que l'histoire du personnage apparaissent sous son véritable jour, son identité transparaisse et que la place de son passé et de sa conscience trouve enfin leur juste équilibre. Nous avons été baladé 1h30 durant par les certitudes d'un homme malade. Ce film n'est rien de moins qu'une perle... Une paranoïa cinématographique troublante.