Insidious |
(13-14) |
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Quelque part entre les domaines du rêve et de
la mort... une variation vraiment originale sur le thème de la
démonologie, explorant de nouveaux territoires tout en faisant
du neuf dans de bonnes vieilles marmites. Les bonnes vieilles recettes
sont notamment agrémentées d'une superbe et... insidieuse
réhabilitation du violon : incisif et savoureux ! Si le film est
si bon c'est grâce à des personnages simples et non simplets,
proches de nous et totalement crédibles voir touchants, campés
par des acteurs investis. De son côté Wan brise la mode du
faux documentaire tourné en caméra à l'épaule
(rien à voir avec Paranormal
activity, si ce ne sont les producteurs) en nous offrant un film léché,
très soigné de par ses cadrages ambigus et précis,
un film qui s'attache aux plans et à leur construction travaillée,
aux petits effets discrets, originaux (oubliez donc les portes qui claquent
!) et d'autant plus impressionnant, aux détails et aux petits rien
qui font beaucoup (le fameux plan sur les arbres balayés par le
vent, dehors, par la fenêtre), notamment naitre une espèce
d'angoisse palpable qui ne nous lâche pas. Le film est très
clairement divisé en deux parties et la seconde risque de laisser
quelques non-cinéphiles sur le côté de la route. Il
n'empêche que la première partie est et reste la plus fascinante,
on y découvre tout ce que sera le film, on y retrouve une véritable
frousse cinématographique et les auteurs jouent sur plusieurs niveaux
: la peur qui nait de la maladie, voir de l'immobilisme du malade (Cf.
Patrick), la peur de l'intrusion dans la
maison, celle du voleur, de l'agresseur, celle que l'on a tous quelque
part enfoui en nous, la peur de la solitude qui découle de la précédente
et la peur du noir (plutôt sur la fin : la scène dans le
noir quasi complet, où l'on a le même champ visuel restreint
que le protagoniste). La seconde partie semble nous rapprocher de nos
classiques, lorsque les "exorcistes" de tout poil envahissent
forcément le film à un moment ou à un autre ; elle
pourra prêter un peu plus à rire, mais le scénario
ne nous en laissera pas trop le temps, mais ce plongeon brutal est pour
moi signe d'un hommage clair et net aux films des années 70-80
où l'on n'hésitait pas à pénétrer les
autres dimensions (je pense surtout à House).
C'est moins sournois, plus éclatant sans pourtant n'être
jamais véritablement drôle, les effets se font un peu trop
envahissants, on change de registre, tout simplement. Et puis il y a ce
final qui enterre enfin au moins 30 ans de conclusions bêtes et
méchantes censées amener le plus lourdement possible une
éventuelle séquelle... même si les plus habitués
d'entre nous pouvait s'attendre à un tel revirement. Il n'empêche
que ce film fait tout à fait partie de ce genre d'oeuvre où
l'on n'est jamais vraiment sûr d'avoir vu ce que l'on a vu ni certain
de ne pas avoir vu quelque chose que le réalisateur ne nous aurait
pas directement montré... et vous, vous l'avez vu le gamin dans
la maison durant la scène avec le 33 tours, bien avant que la mère
ne sorte dehors, au détour, discret, d'un recoin ??? |
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