Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Insidious
Détails du film sur InCiné

James WAN
(13-14)

Quelque part entre les domaines du rêve et de la mort... une variation vraiment originale sur le thème de la démonologie, explorant de nouveaux territoires tout en faisant du neuf dans de bonnes vieilles marmites. Les bonnes vieilles recettes sont notamment agrémentées d'une superbe et... insidieuse réhabilitation du violon : incisif et savoureux ! Si le film est si bon c'est grâce à des personnages simples et non simplets, proches de nous et totalement crédibles voir touchants, campés par des acteurs investis. De son côté Wan brise la mode du faux documentaire tourné en caméra à l'épaule (rien à voir avec Paranormal activity, si ce ne sont les producteurs) en nous offrant un film léché, très soigné de par ses cadrages ambigus et précis, un film qui s'attache aux plans et à leur construction travaillée, aux petits effets discrets, originaux (oubliez donc les portes qui claquent !) et d'autant plus impressionnant, aux détails et aux petits rien qui font beaucoup (le fameux plan sur les arbres balayés par le vent, dehors, par la fenêtre), notamment naitre une espèce d'angoisse palpable qui ne nous lâche pas. Le film est très clairement divisé en deux parties et la seconde risque de laisser quelques non-cinéphiles sur le côté de la route. Il n'empêche que la première partie est et reste la plus fascinante, on y découvre tout ce que sera le film, on y retrouve une véritable frousse cinématographique et les auteurs jouent sur plusieurs niveaux : la peur qui nait de la maladie, voir de l'immobilisme du malade (Cf. Patrick), la peur de l'intrusion dans la maison, celle du voleur, de l'agresseur, celle que l'on a tous quelque part enfoui en nous, la peur de la solitude qui découle de la précédente et la peur du noir (plutôt sur la fin : la scène dans le noir quasi complet, où l'on a le même champ visuel restreint que le protagoniste). La seconde partie semble nous rapprocher de nos classiques, lorsque les "exorcistes" de tout poil envahissent forcément le film à un moment ou à un autre ; elle pourra prêter un peu plus à rire, mais le scénario ne nous en laissera pas trop le temps, mais ce plongeon brutal est pour moi signe d'un hommage clair et net aux films des années 70-80 où l'on n'hésitait pas à pénétrer les autres dimensions (je pense surtout à House). C'est moins sournois, plus éclatant sans pourtant n'être jamais véritablement drôle, les effets se font un peu trop envahissants, on change de registre, tout simplement. Et puis il y a ce final qui enterre enfin au moins 30 ans de conclusions bêtes et méchantes censées amener le plus lourdement possible une éventuelle séquelle... même si les plus habitués d'entre nous pouvait s'attendre à un tel revirement. Il n'empêche que ce film fait tout à fait partie de ce genre d'oeuvre où l'on n'est jamais vraiment sûr d'avoir vu ce que l'on a vu ni certain de ne pas avoir vu quelque chose que le réalisateur ne nous aurait pas directement montré... et vous, vous l'avez vu le gamin dans la maison durant la scène avec le 33 tours, bien avant que la mère ne sorte dehors, au détour, discret, d'un recoin ???

 

La critique des internautes
 

 


NOTE : -/20

-