Henry,
portrait of a serial killer |
(15-16) |
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Après « Massacre
à la… » voici le nouveau petit chef-d’œuvre
de l’épouvante ultra-réaliste. Un travail quasi documentaire,
sans faille ni concession… d’où le danger que paraît
constituer une telle œuvre pour les abrutis en tout genre. Mais la
réalité est autrement plus intéressante : il s’agit
d’une analyse précise de la folie humaine (le type qui prend
Henry pour modèle est déjà fou et il n’aura
guère besoin du film pour commettre des actes odieux…) d’après
des faits authentiques, sans artifices, les agissements du tueur nous
sont exposés (et nous d'avancés grâce au travail de
fiction) dans toute leur effroyable banalité. Le film est si cru
qu’il paraît indigeste, un peu longuet peut-être, mais
nécessaire pour en ressentir toute l’horreur ; c’est
encore plus glauque et froid que « Carne
». Le final où l’assassin part, l’absence de
jugements porté à ses actes, le jeu presque fade des acteurs,
la lenteur introspective de la caméra, la neutralité des
angles, la pellicule granuleuse, la claustrophobie citadine sont autant
de détails qui prouvent aux incrédules les qualités
de cette œuvre extrème. Je préfère que l’on
me montre la réalité en face pour la comprendre, anticiper
sa puissance dévastatrice plutôt que de rester aveugle et
attendre qu’une telle horreur détruise mon existence. Quant
à savoir si ce film est montrable, le réalisateur John Lafia
répondrait : ce n’est pas des enfants vivant dans des familles
saines qui deviendront des tueurs précoces. Ce à quoi j’ajouterais
que les assassins n’ont jamais eu besoin de voir ce genre de film
pour accomplir leurs méfaits. |