Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Henry, portrait of a serial killer

John MAC NAUGHTON
(15-16)

Après « Massacre à la… » voici le nouveau petit chef-d’œuvre de l’épouvante ultra-réaliste. Un travail quasi documentaire, sans faille ni concession… d’où le danger que paraît constituer une telle œuvre pour les abrutis en tout genre. Mais la réalité est autrement plus intéressante : il s’agit d’une analyse précise de la folie humaine (le type qui prend Henry pour modèle est déjà fou et il n’aura guère besoin du film pour commettre des actes odieux…) d’après des faits authentiques, sans artifices, les agissements du tueur nous sont exposés (et nous d'avancés grâce au travail de fiction) dans toute leur effroyable banalité. Le film est si cru qu’il paraît indigeste, un peu longuet peut-être, mais nécessaire pour en ressentir toute l’horreur ; c’est encore plus glauque et froid que « Carne ». Le final où l’assassin part, l’absence de jugements porté à ses actes, le jeu presque fade des acteurs, la lenteur introspective de la caméra, la neutralité des angles, la pellicule granuleuse, la claustrophobie citadine sont autant de détails qui prouvent aux incrédules les qualités de cette œuvre extrème. Je préfère que l’on me montre la réalité en face pour la comprendre, anticiper sa puissance dévastatrice plutôt que de rester aveugle et attendre qu’une telle horreur détruise mon existence. Quant à savoir si ce film est montrable, le réalisateur John Lafia répondrait : ce n’est pas des enfants vivant dans des familles saines qui deviendront des tueurs précoces. Ce à quoi j’ajouterais que les assassins n’ont jamais eu besoin de voir ce genre de film pour accomplir leurs méfaits.