Editorial
Filmographies
Le coin fantastique
Mail
Liens

 

Hellboy 2 : les légions d'or maudites
Détails du film sur InCiné

Guillermo DEL TORO
(13-14)

J'ai eu peur... d'assister à un mauvais film ! Car la première moitié bas franchement de l'aile malgré son rythme soutenu, trop légère, le film semble se chercher tout au long d'une bien trop longue introduction. Et puis les personnages ne parviennent pas à prendre de l'épaisseur (excepté l'allemand, haut en couleur et plein de promesses... largement tenue par la suite !), leur humour est bien trop fonctionnel, pas très bien senti et peu subtile ; on ne parvient pas à accrocher le train-train d'un film purement visuel où la galerie de monstres en surdose aurait eu bien besoin de rouages scénaristiques plus solides et qui ne se démontent pas aussi facilement (ex. : l'ouverture de la porte). On ressent aisément la même chose en ce qui concerne les décors : la cantina plus grosse que nature (ou l'univers de C. Barker dans Cabal) aurait pu être un véritable enchantement visuel si elle n'avait pas été une simple galerie sans fond digne de ce nom... Et puis tout va magnifiquement basculer avec le combat contre le monstre sylvestre. La trame se dévoile enfin et pleinement, usant de ressorts cornéliens qui viennent épaissir le propos (la blessure, le lien entre le frère et la soeur, le destin pas très clair de Hellboy), l'aventure, sans rien perdre de son rythme frénétique, trouvera enfin un véritable fond qui, pourtant, s'effacera presque devant une écriture scénaristique remarquable, bien plus fluide et beaucoup recherchée (l'intro qui trouvera son écho à la fin, le sacrifice...), des décors dignes de ce nom qui nous permettent à nouveau de rêver, des créatures moins nombreuses mais beaucoup mieux mise en valeur (la griffe de Del Toro pouvant enfin s'exprimer). Voilà ce qui manquait à la première partie : une profondeur.

 

La critique des internautes
 



Après avoir signé un des plus beaux et des plus inventifs films de ces dernières années avec « Le Labyrinthe de Pan » en 2006, Guillermo Del Toro revient avec une suite à son déjà très bon « Hellboy » sortie en 2004.
Del Toro est de ces cinéastes passionnées qui tentent à chacun de leurs films de livrer et exposer avec sincérité et générosité leurs fantasmes cinématographiques, et si ce « Hellboy 2 » s’avère meilleur que son prédécesseur c’est parce que Del Toro réussit à offrir plus à chaque secteur du film pour qu’il surpasse son prédécesseur avec le plus de classe possible.
La mise en scène de Del Toro est proprement surpuissante, le réalisateur met ses effets spéciaux monstrueux au service d’une imagination débordante d’inventivité tout comme ses scènes d’actions d’un spectacle à couper le souffle d’un point de vue visuel mais aussi grâce à un sens du découpage et de la chorégraphie dans le domaine qui atteint la virtuosité, ce film offre des scènes tout bonnement mémorables de jouissances pure et d’inventivité formelle ( si on ne devait en retenir qu’une ce serait le combat entre Hellboy et la plante géante ), mais tout comme son prédécesseur le film ne se limite pas à ses scènes d’actions aussi géniales soient elles. Toro a étoffé la galerie de personnages et les traite avec une approche toujours aussi intimiste et touchante, en plus d’être un virtuose de l’image, Del Toro est aussi et l’atteste une fois de plus un des plus grands conteurs actuels.
Le scénario a beau être relativement simple, tel qu’il est traité par le metteur en scène il gagne en richesse au niveau des thématiques et les personnages sont beaucoup plus intéressants que dans la plupart des autres productions comparables, Ron Perlman est toujours aussi bon dans le rôle titre partagé entre son amour et l’envie d’être aimé et accepté des humains, les autres personnages sont traités avec autant de délicatesse et de subtilité.
Quand à la Bande-son de Danny Elfman elle épouse sans difficultés l’univers du cinéaste, et accompagne brillamment le spectacle.
Bref supérieur au premier opus, généreux, spectaculaire, inventif, intimiste…Hellboy 2 sort du lot et confirme que Del Toro est un des cinéastes à l’imaginaire le plus incroyable.

NOTE : 18.5/20

UNKUT