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Le garçon et la bête

Mamoru HOSODA
(17-18)

Peut-être que l'auteur a réalisé ici son chef-d'oeuvre : en tout les cas force est de constater que, au gré de sa filmo, le réalisateur va du pire au meilleur ! L'histoire débute quand un enfant qui vient de perdre sa mère décide de partir vivre seul dans les rues d'une grande ville japonnaise, pays des légendes et des créatures de toutes sortes. Il y a dans cette oeuvre un ton tout particulier, différent de ce que nous propose les pourtant excellents studios Ghibli, des dessins avec une toute autre texture, plus réalistes et immersifs, et, dans ce cas, une réalisation réellement charismatique où de simples mouvements de caméra prennent des proportions incroyables. C'est un film littéralement magique, empreint de mystère, à la beauté sans cesse foudroyante, un film fantasmatique, le penchant nippon de Zootopie. Mais il faut bien dire qu'il est rare d'asister à un tel travail scénaristique, autant sur un film d'animation que sur un film live : les rapports entre le jeune héros et celui qui nous est présenté comme la "méchante" bête sont franchement palpitants (au-delà du complexe rapport disciple / maître). D'ailleurs chacun des rapports entre les divers personnages sont incroyablement évolutifs, changeants, et ce qui en font toute leur richesse et leur profondeur, ce qui permet au scénario de ménager des suprises, nous prendre à rebrousse-poil et relancer sans cesse son intérêt. Aucun manichéisme. Le film nous présente un long apprentissage philosophique, intellectuel et physique, et c'est un cartoon qui reste loin de l'exubérance habituelle de l'anim' japonaise, plus adulte (sanguignolant, violent et au langage de charretier). Le tout est englobé d'une belle morale sur la tentation du mal et de divers thèmes chers à l'auteur (la recherche de ses origines, la nature, les liens qui unissent humains et animaux).