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Exodus : Gods and kings
Budget = 140 M$
BOX OFFICE France = 2 718 / ? - 784 000 - 1 516 000 entrées
BOX OFFICE USA = 24,1 / 65,0 M$
BOX OFFICE Monde = 268,2 M$
 

Le petit prince d'Egypte. Une adaptation des écrits judéo-chrétiens à la sauce païenne : impossible de regarder ce film sans laisser de côté un certain parti-pris, un certain savoir, voir certaines croyances pour qui croit. A partir de là on peut dire que je n'ai absolument pas été convaincu par le film de Scott. Cinématographiquement parlant il s'agit effectivement de l'oeuvre d'un réalisateur chevronné, mais sa réalisation n'a pas l'énergie épique de celle d'un Jackson sur ses différentes adaptations en Terre du Milieu ; trop affairé à mettre tout en parallèle, à filmer mollement les très nombreux dialogues. Mais le plus grave -toutes croyances et sciences confondues- c'est que, sous couvert de nous narrer une histoire que l'on connait parfaitement dans ses grandes lignes, les scénaristes ne sont pas loin de s'excuser de nous "ennuyer encore" avec le récit de Moïse ; alors ils brodent, se réapproprient honteusement le récit originel et offrent en pâture une relecture hideuse et indélicate de la Bible. Passons le fait que Moïse doute et soit parfois en désaccord avec son créateur, on peut aisément l'imaginer au moment de la révélation, mais que le récit soit travesti sans autre raison que de trouver une approche originale à tout prix... le résultat ne pouvait être que confondant d'infidélité, pour ne pas dire calomnieux. La voix de Dieu ne sort plus du buisson ardent, devenu un simple faire-valoir, un artifice qui n'a presque plus lieu d'être, mais de la bouche innocente d'un enfant (de l'anthropomorphisme dans un récit biblique !!!) ; le scénario se justifiera en prétendant qu'il ne s'agit que d'un envoyé : pourtant cet "envoyé" est bel et bien présent lorsque Moïse reçoit des 10 commandements, dictés par Dieu... Et cette innocence va jouer son rôle plus tard lorsque, après avoir également malmené les fameuses "plaies d'Egypte", cherchant de malhabiles explications à certaines d'entre elles (et les autres ??? Le film Les châtiments est bien plus explicite), Dieu nous est présenté comme un vengeur assoiffé de sang et non plus le juge céleste biblique modifiant le cour de l'histoire afin de laisser la prophétie s'accomplir ; et le Pharaon, aussi fréquentable qu'un dictateur du 20ème siècle, semble apitoyer les scénaristes. Si historiquement Ramsès -non cité dans la Bible- serait bien le pharaon en question, la fausse ouverture des eaux est également un grand moment de théâtralisation, voir une aberration historique (le pharaon sur un champ de bataille ? C'était le rôle du général des armées). Il restera de très belles images, des effets saisissants, un C. Bale au sommet... mais suis-je le seul à avoir été éprouvé par ces dialogues presque "modernes" ??? En conclusion, et pour vous faire comprendre la profondeur de ma déception, il faut vous rappeler de ma critique de Iron man 3 (tout parallèle s'arrêtant là, bien évidemment) et de ce mépris affiché du matériau d'origine et de la "fan base" autant que des autres, ceux que l'on guide sur une mauvaise voie...
Le titre m'a également et peut-être induit en erreur : j'imaginais plus aisément un film ayant pour thème ces peuples aux dieux multiples confrontés au Dieu unique, ces hommes élevés au statut de roi, puis de dieu... détrônés par un Dieu plus puissant ; il y avait matière à développer autre chose de plus ample, de plus profond.

NOTE : 8-9 / 20

La critique des internautes
 

 

NOTE : -/20

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