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Dark crystal

Franck OZ - Jim HENSON
(19-20)

Un film comme une Bible ouverte sur un autre monde, un autre univers, un autre temps… et pourtant. La grande histoire de ce peuple, unis au départ dans un grand commencement et qui va connaître l’apocalypse, un mythe régénérateur, un messie (un prophète), qui va quérir la paix (le voyage initiatique de celui-ci) et retrouver l’unité d’une seule et unique race, avec pour seul et unique religion le « crystal », pouvoir suprême d’amour (Dieu). Il y a même ce peuple que l'on massacre pour que le-dit prophète ne voit pas le jour ; avec des conséquences que les bourreaux ne pouvaient prévoir. A la fin on reconnaît même le mythe d’Adam et Eve. Mais reprenons depuis le début : car ce film n'a vraiment que les apparences d'une éternelle lutte entre le Bien et le Mal, entre les bons et les méchants ; et de là naît tout son génie intemporel ! Il peut être également vu comme une espèce de fable écologiste où deux races se meurent mais on l'on apprendra que tout, tous, sont liés : et la construction du récit en parallèle nous met déjà sur la voie. Ce film est un conte tragique où les peuples qui viennent en aide au héros voient leur monde détruit... Mais le final viendra rétablir l'ordre, final qui tient proprement du génie, puisqu'il voit la vie reprendre non seulement ses droit mais surtout qui voit le Bien et le Mal se fondre en un seul être premier. Exceptionnel.
Sans doute et parfois vaguement inspiré du "Seigneur des anneaux" (le petit Gelfling serait en quelque sorte le Hobbit du récit, de par sa taille et sa mission), Henson et Oz ont créé un monde merveilleux issu de notre imaginaire enfantin, un monde qui fourmille de vie, mais sans l'ombre d'un être humain (elfes, démons, sages, forêts peuplés d’animaux et de plantes étranges), de bruits, de couleurs et de détails. Entre deux personnages extraordinaires, les décors pléthoriques dépassent en fait notre imaginaire : la scène où l'on découvre, complètement émerveillé, cette forêt où l'on ne sait trop ce qui va se mettre à bouger -arbres, plantes, fleurs, racines ou même pierres !- est sans auun doute l'un des moments les plus magiques de toute l'histoire du cinéma. Les deux scénaristes ont créé une mythologie à l’image de Lucas pour son Star Wars… le succès en moins. N'oublions pas la sublimissime musique qui me berce depuis plusieurs décennies, envoûtante et presque divine, ainsi que la réalisation parfaitement élégante et superbement maîtrisé afin de donner vie à ce monde. Dépaysant, époustouflant et définitivement culte.